Burkina Faso : jusqu’à 5 ans de prison pour les auteurs de pratiques homosexuelles

0
Burkina Faso : jusqu’à 5 ans de prison pour les auteurs de pratiques homosexuelles

Au Burkina Faso, les « pratiques homosexuelles » sont désormais punies par la loi. L’Assemblée législative de Transition a adopté ce lundi 1er septembre, une loi prévoyant des peines de prison allant à 5 ans, dans le cadre d’une réforme du code des personnes et de la famille.

Même si cette pratique n’est pas tolérée dans la société , aucune législation ne visait particulièrement les personnes homosexuelles au Burkina. Ce nouveau texte dont l’adoption a été rapportée par la télévision d’État, doit encore être promulgué par le chef de la junte Ibrahim Traoré. Il réorganise également les conditions d’acquisition de la nationalité burkinabè et l’âge légal du mariage.

L’homosexualité est au centre d’une réforme législative d’envergure au Burkina Faso. Adoptée le 1er septembre par les 71 membres de l’Assemblée de transition, la loi prévoit des peines allant de deux à cinq ans de prison, assorties d’amendes, pour toute personne reconnue coupable de « pratiques homosexuelles ». « En cas de récidive, si l’auteur n’est pas de nationalité burkinabè, il sera expulsé du pays », a expliqué le ministre de la Justice Edasso Rodrigue Bayala.

Jusqu’à présent, aucune législation ne ciblait spécifiquement l’homosexualité dans le pays, bien que cette orientation sexuelle soit largement stigmatisée dans la société burkinabè. Le ministre de la Justice a affirmé que cette disposition s’inscrit dans un cadre de moralisation des mœurs et de renforcement des valeurs locales. Le Burkina Faso suit ainsi l’exemple d’autres pays africains, comme le Mali voisin, qui a également légiféré contre l’homosexualité en 2024. Actuellement, une trentaine d’États africains criminalisent les pratiques homosexuelles.

Lire aussi : Réinsertion : 500 détenus burkinabè mobilisés pour 5 mois de travaux d’utilité publique

Cette mesure visant les pratiques homosexuelles s’inscrit dans une réforme plus globale du Code des personnes et des familles. L’âge légal du mariage passe de 20 à 18 ans pour les filles comme pour les garçons.  « Une dérogation spéciale » à 16 ans pourrait, toutefois être accordée en cas de demande. Les conditions d’octroi de la nationalité burkinabè ont également été révisées pour éviter escroqueries sentimentales et intellectuelles, a expliqué le ministre de la justice .

Pour l’obtenir par le mariage, il faut désormais un délai de cinq ans. Ce délai passe à sept ans au cas où l’un des conjoints ne résiderait pas au Burkina Faso. Quant aux autres demandeurs, ils devront d’abord obtenir une carte de résidence permanente et patienter. La déchéance de cette nationalité est prévue pour toute personne coupable d’actes en intelligence avec des burkinabè, étrangers ou un état étranger, contre « les intérêts du Burkina Faso ».

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici