Le retrait de l’AFC/M23 d’Uvira a été annoncé dans la nuit du 15 au 16 décembre par le mouvement rebelle, qui dit répondre à une demande américaine. Cette décision, présentée comme un geste d’apaisement, reste toutefois conditionnée à plusieurs exigences sécuritaires dans l’est de la RDC.
Moins d’une semaine après s’être emparé d’Uvira, deuxième ville du Sud-Kivu, le groupe armé AFC/M23 affirme vouloir quitter la cité. Dans un contexte de tensions diplomatiques accrues entre Washington et Kigali, cette annonce intervient alors que les États-Unis renforcent leur pression sur le Rwanda, accusé de soutenir la rébellion active dans l’est de la République démocratique du Congo.
Retrait de l’AFC/M23 d’Uvira : une annonce sous conditions strictes
RDC : l’accord de paix de Washington déjà défié par la reprise des combats
Dans un communiqué publié dans la nuit de lundi à mardi, l’AFC/M23 indique qu’il va retirer ses combattants d’Uvira de manière « unilatérale ». Le mouvement affirme agir « à la demande des États-Unis » et présente cette décision comme une mesure de confiance destinée à soutenir le processus de discussions engagé à Doha. Depuis plusieurs semaines, la rébellion avait intensifié ses opérations militaires dans le Sud-Kivu, suscitant de vives inquiétudes régionales.
Ce retrait n’est cependant pas inconditionnel. Le groupe rebelle exige la démilitarisation complète de la ville, des garanties sur la protection des civils et la mise en place d’un mécanisme de surveillance du cessez-le-feu assuré par une force dite « neutre ». Autant de prérequis qui laissent planer des incertitudes sur l’application concrète de cette annonce sur le terrain.

Lire aussi : Conflit avec le M23 : des officiers congolais auraient trahi leur pays
Sur le plan diplomatique, la pression américaine s’est nettement accentuée. Devant le Conseil de sécurité de l’ONU, l’ambassadeur des États-Unis a récemment accusé le Rwanda de contribuer à l’instabilité régionale. Dans la foulée, le secrétaire d’État américain a dénoncé une violation d’un accord de paix signé à Washington début décembre, et dont le président Donald Trump s’était félicité.
À Kinshasa, l’ambassadrice américaine a confirmé que toutes les options restaient ouvertes, y compris de nouvelles sanctions ciblant des responsables rwandais. Selon plusieurs sources diplomatiques, ces mesures sont actuellement à l’étude, illustrant la fermeté croissante de Washington face à l’escalade sécuritaire dans l’est congolais.






