À l’approche des élections en Birmanie, l’ONU accuse la junte militaire d’imposer le vote par la violence et l’intimidation, tandis que des groupes armés d’opposition menacent aussi les électeurs, plongeant le scrutin dans un climat de peur généralisée.
Les élections en Birmanie, organisées sous le contrôle strict de l’armée, suscitent une vive inquiétude au sein de la communauté internationale. Près de cinq ans après le coup d’État de 2021, l’ONU estime que le contexte sécuritaire et politique rend impossible toute consultation libre, crédible et démocratique. Mais pour la junte qui supervisera le processus électoral à partir de dimanche; ces élections législatives sont une étape vers la réconciliation.
Élections en Birmanie : un scrutin dénoncé par l’ONU
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Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a condamné ce mardi 23 décembre, l’usage d’une « violence brutale » par les autorités militaires pour forcer la population à participer aux élections en Birmanie. Arrestations arbitraires, lois répressives et lourdes peines de prison seraient utilisées contre celles et ceux qui expriment une opposition au processus électoral.
Selon l’ONU, plusieurs citoyens ont été condamnés à des peines extrêmement longues pour de simples actions symboliques contre les élections, comme l’affichage de messages critiques. Des personnes déplacées internes auraient également été menacées de représailles si elles refusaient de retourner dans leurs zones d’origine afin de voter, une pratique qualifiée de violation grave des droits humains.
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Le climat de peur ne provient pas uniquement de la junte. Des groupes armés opposés au régime militaire auraient mené des enlèvements et des attaques ciblant des personnels liés à l’organisation des élections en Birmanie. Ces actions viseraient à dissuader la participation électorale et à perturber le déroulement du scrutin.
Enfin, l’ONU rappelle que l’ancienne dirigeante Aung San Suu Kyi reste emprisonnée et que son parti a été dissous, privant une large part de la population de représentation politique. Dans ces conditions, Volker Türk juge « inconcevable » que les élections en Birmanie puissent refléter la volonté du peuple ou ouvrir la voie à une véritable réconciliation nationale.






