Au Zimbabwe, le gouvernement veut faire des fruits locaux un symbole de souveraineté économique. Lors d’un discours adressé aux opérateurs économiques, le chef de la diplomatie, Amon Murwira, a dénoncé l’usage du terme « sauvage » pour qualifier ces produits, estimant qu’il traduit une mentalité coloniale qui freine leur valorisation.
Prononcé en fin de semaine dernière devant les acteurs du commerce extérieur, le discours du chef de la diplomatie a visé à réhabiliter les fruits locaux dans l’économie nationale. Dans un contexte où le Zimbabwe cherche à diversifier ses exportations, Harare plaide désormais pour des industries ancrées dans le patrimoine culturel et naturel du pays, capables de transformer les fruits locaux en produits à forte valeur ajoutée et à forte identité nationale.
Fruits locaux : un levier stratégique pour l’économie du Zimbabwe
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Lors de son discours d’ouverture au gala annuel des exportateurs organisé par ZimTrade à Bulawayo, Amon Murwira a lancé un appel appuyé aux industries exploitant les ressources naturelles. « Que cette occasion réaffirme notre détermination collective à bâtir des industries qui reflètent notre patrimoine », a-t-il déclaré devant les opérateurs économiques.
Le chef de la diplomatie zimbabwéenne a plaidé pour une transformation locale accrue, « davantage de vin issu des fruits du tsubvu (fruit local), du muhute (waterberry) et du mazhanje (sucred plum), car à ce moment-là, on sait qu’on tire profit des ressources naturelles ». Pour lui, la valorisation des fruits locaux constitue une étape essentielle vers une économie plus autonome et compétitive. Dans un ton plus idéologique, le ministre a dénoncé ce qu’il qualifie d’endoctrinement hérité de la période coloniale.

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Pour lui, les gens croient que les fruits locaux étaient des fruits sauvages; aussi finissent-ils par les considérer comme tels, alors qu’ils faisaient partie du patrimoine national. « Les pommes sont un produit du Kazakhstan, elles ont été découvertes dans les montagnes et elles poussent ici comme les matamba ou les umkhemeswane. Il n’y a donc pas d’arbre qui pousse dans une maison, ils poussent dans les forêts ».
« Il n’y a pas d’arbre domestique et d’arbre sauvage. On n’appelle pas ses fruits des fruits sauvages »; a-t-il laissé entendre. Lorsque les gens sauront que l’expression « fruits sauvages » n’est pas appropriée, ce sera le début du développement de l’Afrique, a t-il déclaré sur un ton optimiste. Cette orientation s’inscrit dans une stratégie plus large de commerce transformateur : produire localement, exporter des biens à forte valeur ajoutée et affirmer une souveraineté économique fondée sur l’identité culturelle et naturelle du Zimbabwe.






