Conflit frontalier : le Pakistan déclare la « guerre ouverte » à l’Afghanistan

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Conflit frontalier : le Pakistan déclare la «guerre ouverte » à l’Afghanistan

Le ministre pakistanais de la Défense a déclaré, vendredi 27 février, une « guerre ouverte » contre les autorités talibanes d’Afghanistan. Cette escalade majeure intervient après une série de frappes meurtrières et d’affrontements armés entre les deux pays.

Les tensions entre Islamabad et Kaboul ont franchi un seuil critique. Après des frappes aériennes menées sur Kaboul et Kandahar, le gouvernement pakistanais a officiellement parlé de « guerre ouverte ». En représailles à une offensive terrestre afghane le long de la Ligne Durand, frontière contestée entre les deux pays, l’armée pakistanaise a lancé une opération baptisée « Colère légitime », visant des installations militaires talibanes.

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«Notre patience a atteint ses limites. C’est désormais la guerre ouverte entre nous et vous», a déclaré Khawaja Asif sur les réseaux sociaux, à l’endroit de l’Afghanistan. Cette escalade s’inscrit dans une spirale de violences entamée depuis plusieurs mois. Islamabad accuse les autorités talibanes d’Afghanistan d’abriter le groupe séparatiste; Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP), responsable d’une vague d’attentats meurtriers sur le sol pakistanais. Rien qu’en février, plusieurs attaques-suicides ont visé les forces de sécurité, notamment dans la province de Khyber Pakhtunkhwa.

En réponse, le Pakistan a intensifié ses frappes aériennes dans les provinces afghanes de Nangarhar et Paktika, avant d’élargir ses cibles aux grandes villes Kaboul et Kandahar. Les talibans affirment avoir infligé de lourdes pertes aux forces pakistanaises lors d’assauts terrestres contre des postes frontaliers. Chaque camp revendique des dizaines, voire des centaines de morts, rendant le bilan difficile à vérifier de manière indépendante.

Khawaja Asif; ministre de la défense du Pakistan

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Cette guerre ouverte illustre la profonde détérioration des relations depuis la prise de pouvoir des talibans à Kaboul en 2021. Islamabad espérait un contrôle plus strict des groupes armés opérant depuis l’Afghanistan. Au contraire, la résurgence du TTP a aggravé l’instabilité sécuritaire au Pakistan, puissance nucléaire confrontée à une multiplication d’attaques sans précédent.

L’escalade inquiète la région. L’Iran et la Chine ont proposé leur médiation pour éviter que cette guerre ouverte ne dégénère en conflit durable. Mais à ce stade, les échanges de frappes et les déclarations belliqueuses laissent craindre un affrontement prolongé, aux conséquences majeures pour la stabilité de l’Asie du Sud.

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