Les autorités maliennes ont conclu un accord avec le groupe terroriste JNIM pour rétablir l’approvisionnement en carburant à Bamako. Une centaine de terroristes présumés, ont ainsi été libérés la semaine dernière, en échange de l’ouverture d’un couloir permettant le passage de camions-citernes, a rapporté l’AFP.
L’information de cette libération a été rapportée dimanche par l’AFP, s’appuyant sur des sources sécuritaires et des responsables locaux. Depuis septembre dernier, les djihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, multiplient les attaques contre les camions-citernes, perturbant gravement l’approvisionnement en carburant jusqu’à paralyser l’économie de Bamako en octobre.
Accord entre Bamako et le JNIM
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L’accord trouvé entre Bamako et le JNIM vise avant tout à permettre la libre circulation des camions-citernes, régulièrement ciblés depuis plusieurs mois. Ces attaques avaient entraîné une grave pénurie, affectant aussi bien les transports que la production d’électricité, largement dépendante du gazole.
L’accord, conclu à l’approche de la fin du ramadan, prévoit l’ouverture d’un corridor sécurisé. Plusieurs sources sécuritaires ont assuré que la trêve resterait en vigueur jusqu’à la grande fête musulmane de la Tabaski, qui aura lieu fin mai. Grâce à cette entente, la situation s’est rapidement améliorée dans la capitale, où les premiers convois ont pu circuler sans être inquiétés.

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Outre des membres supposés du JNIM, des jeunes peuls ont aussi été libérés. Ils sont souvent assimilés aux djihadistes au Mali. Cependant, ce compromis soulève de nombreuses interrogations. La libération de suspects, dans un contexte sécuritaire déjà fragile, inquiète certains observateurs qui redoutent un renforcement des groupes armés. Le dossier du carburant met ainsi en lumière les dilemmes auxquels sont confrontées les autorités.
Au-delà de l’urgence énergétique, cet épisode illustre la complexité de la crise malienne, mêlant enjeux sécuritaires, économiques et communautaires. Le recours à ce type d’accord avec le JNIM souligne combien la situation reste instable malgré les tentatives d’apaisement.






