Malgré son potentiel économique et démographique, l’Afrique reste à la périphérie des grandes décisions internationales. Le président algérien Abdelmadjid Tebboune, en marge du Salon du commerce intra-africain 2025, a dénoncé la marginalisation du continent, notamment en matière d’intégration économique.
La quatrième édition du Salon Intra-Africain du Commerce (IATF 2025) s’est ouverte ce 4 septembre et se tiendra jusqu’au 10 septembre. Elle réunira plus de 140 35 exposants, des délégations de 140 pays et plus de 35 mille visiteurs. L’événement vise à consolider le rôle de l’Algérie en tant que plaque tournante régionale reliant les marchés africains à l’Europe et à la Méditerranée.
Une intégration économique encore trop faible
Abdelmadjid Tebboune a dressé le constat que l’Afrique, malgré ses richesses et sa jeunesse, continue de subir les dynamiques mondiales plutôt que de les influencer. Pour lui, les déséquilibres économiques mondiaux sont criants. L’Afrique, qui compte plus d’un milliard d’habitants, ne représente que 6,5 % des droits de vote au FMI et à peine 11 % à la Banque mondiale. Ce manque de poids décisionnel se reflète également dans l’attractivité financière.
En effet, le continent ne capte qu’environ 6 % des investissements directs étrangers, ce qui freine considérablement l’emploi et l’innovation. Un autre indicateur révélateur de cette faiblesse structurelle est le commerce intra-africain. Alors que l’Europe enregistre plus de 60 % d’échanges entre ses pays, l’Afrique plafonne à 15 %. Une donnée qui illustre le manque de coopération économique entre les États africains et souligne l’urgence d’une meilleure intégration économique régionale.
Lire aussi : Algérie: réélu avec 95% des voix, Tebboune et ses adversaires dénoncent des incohérences
Selon le président algérien, il est urgent de repenser l’unité continentale et de renforcer la place de l’Afrique dans les arènes économiques internationales. Face aux défis mondiaux actuels notamment la crise climatique, l’instabilité géopolitique, la révolution numérique; le continent ne peut plus se permettre d’adopter une posture passive. Il est temps que les États africains parlent d’une seule voix pour défendre leurs intérêts et peser réellement dans les négociations internationales.
Tebboune appelle ainsi à une prise de conscience collective. Le Salon du commerce intra-africain doit devenir plus qu’un espace d’échange, il doit catalyser une dynamique nouvelle vers une réelle intégration économique, condition essentielle pour que l’Afrique cesse d’être un simple réservoir de ressources et devienne un acteur stratégique de la scène mondiale.






