Choguel Maïga : de la rupture avec les militaires à l’arrestation, un tournant politique à Bamako

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Choguel Maïga : de la rupture avec les militaires à l’arrestation, un tournant politique à Bamako

L’arrestation de Choguel Kokalla Maïga signe la fin d’un mariage politique de circonstance au Mali. L’ancien Premier ministre civil, autrefois allié stratégique des militaires, semble payer aujourd’hui au prix fort son divorce avec la junte. Lui et plusieurs de ses ex-collaborateurs, ont été placé en garde-à-vue ce mardi 12 août.

Officiellement poursuivi pour « atteinte aux biens publics » après un rapport du Vérificateur général, l’ancien Premier ministre est soupçonné de mauvaise gestion lorsqu’il dirigeait la primature. Mais derrière ce dossier judiciaire, semble aussi se jouer un affrontement politique.

Choguel Maïga, de partenaire à cible politique

Mali: qui veut le départ du premier ministre Choguel Kokalla Maïga?

L’arrestation de Choguel Kokalla Maïga, après son limogeage du poste de Premier ministre en novembre 2024, marque l’aboutissement d’une rupture politique profonde avec la junte au pouvoir. Ancien leader du Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), Choguel Maïga avait été l’un des artisans de la chute d’Ibrahim Boubacar Keïta en 2020.

Son alliance avec les militaires au pouvoir s’est progressivement effritée, jusqu’à ce qu’il déclare en février 2025 que la rupture était « consommée ». Ses critiques publiques sur les arrestations arbitraires et l’absence de calendrier électoral l’ont rapidement placé dans la ligne de mire du régime. L’arrestation de Choguel Maïga, en même temps que celle de plusieurs anciens collaborateurs, intervient dans un contexte de durcissement de ton contre la classe politique.

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Choguel Maïga, ancien Premier ministre du Mali

Dissolution d’organisations, restrictions à la liberté de la presse et poursuites judiciaires ciblées renforcent l’impression d’un verrouillage politique au Mali. Les autorités défendent ces mesures au nom de l’unité nationale face à la menace sécuritaire, mais elles accentuent le fossé avec une partie de la classe politique. Cette procédure contre Choguel Maïga peut aussi avoir valeur d’avertissement ; critiquer publiquement la gestion militaire peut avoir un coût élevé.

En écartant une figure politique de premier plan comme Choguel Maïga, le pouvoir renforce son contrôle sur la transition, mais se prive aussi d’un acteur capable de fédérer autour d’une sortie de crise. Sur le plan international, cette évolution politique intervient alors que, des anciens partenaires comme les États-Unis essaient de renouer les relations avec Bamako.

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