Thaïlande : la Première ministre Paetongtarn Shinawatra paie le prix d’un appel téléphonique

0
Crise politique en Thaïlande : la Première ministre paie le prix d'un appel téléphonique

La crise politique en Thaïlande prend un nouveau tournant avec la destitution de Paetongtarn Shinawatra. La Cour constitutionnelle thaïlandaise a destitué  vendredi la Première ministre, mise en cause pour sa gestion des relations avec le Cambodge, suite à la diffusion publique d’un appel controversé.

Alors que les tensions entre la Thaïlande et le Cambodge s’intensifient, la Cour constitutionnelle a décidé de la destitution de la Première ministre pour manquement à son devoir de représentation nationale lors d’un échange téléphonique avec l’ancien dirigeant cambodgien Hun Sen. Cette affaire, largement médiatisée, ravive les profondes divisions politiques internes et place le royaume dans une impasse institutionnelle.

Une crise politique qui secoue le pouvoir thaïlandais

Thaïlande : des moines bouddhistes au coeur d’un scandale sexuel

Au cœur de cette crise politique, un appel téléphonique de juin dernier entre Paetongtarn Shinawatra et Hun Sen, enregistré et divulgué en ligne à son insu. Lors de cette conversation, la dirigeante aurait, selon les juges, tenu un ton jugé trop conciliant alors que les relations entre la Thaïlande et le Cambodge étaient sous haute tension, après la mort d’un soldat cambodgien, fin mai, à la suite d’un échange de tirs avec l’armée thaïlandaise dans une zone frontalière disputée.

Ce comportement a été interprété par la Cour comme un manquement aux normes éthiques attendues d’un chef de gouvernement. La décision de destitution inclut également son cabinet, provoquant une onde de choc dans l’échiquier politique. Les partis conservateurs, notamment le Bhumjaithai, ont aussitôt quitté la coalition au pouvoir, accusant Paetongtarn d’avoir affaibli la position nationale sur la scène régionale.

Lire aussi : Choguel Maïga : de la rupture avec les militaires à l’arrestation, un tournant politique à Bamako

Cette crise politique s’inscrit dans une longue saga opposant le clan Shinawatra à l’establishment conservateur. Paetongtarn devient ainsi la troisième membre de sa famille à être évincée du pouvoir, après son père Thaksin et sa tante Yingluck, tous deux renversés par l’armée. Depuis plus de vingt ans, ces rivalités nourrissent une instabilité chronique au sommet de l’État.

Avec une coalition parlementaire affaiblie et l’absence de successeur clairement éligible, la Thaïlande s’enfonce dans une période d’incertitude. Le flou constitutionnel, combiné aux tensions extérieures, risque d’aggraver une crise politique déjà bien enracinée, sans solution immédiate en vue.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici