Corée du Nord : « Démissionne de toi-même », Kim Jong Un limoge son vice-Premier ministre

0
Corée du Nord : « Démissionne de toi-même », Kim Jong Un limoge son vice-Premier ministre

En Corée du Nord, Kim Jong Un a provoqué la stupeur en destituant publiquement son vice-Premier ministre lors de l’inauguration d’un complexe industriel, a rapporté ce mardi l’agence de presse étatique KCNA, citée par l’AFP. Il a aussi dénoncé l’« incompétence » chronique de hauts fonctionnaires.

Une scène rarissime en Corée du Nord. Devant des cadres du Parti et des ouvriers, Kim Jong Un a publiquement humilié puis limogé son vice-Premier ministre Yang Sung Ho, l’accusant d’être incapable d’assumer ses responsabilités économiques dans un pays miné par les sanctions et les pénuries.

Kim Jong Un fait sensation en Corée du nord

Corée du Nord: Kim Jong-un aurait désigné son successeur 

« S’il-te-plaît, camarade vice-Premier ministre, démissionne de toi-même tant que tu le peux, avant qu’il ne soit trop tard », a rapporté KCNA citant les propos du président nord coréen. « Pour le dire simplement, c’était comme atteler une chèvre à un chariot, une erreur accidentelle dans notre processus de nomination des cadres », a expliqué M. Kim, s’adressant à son vice-Premier ministre.

« Après tout, ce sont les boeufs qui tirent les chariots, pas les chèvres » a expliqué le dirigeant nord-coréen. Dans sa colère, Kim Jong-Un a aussi dénoncé l’« incompétence » des cadres du gouvernement, « habitués au défaitisme, à l’irresponsabilité et à la passivité pendant trop longtemps ». Considéré comme « inapte à assumer de lourdes responsabilités », le vice-Premier ministre Yang Sung Ho a été démis de ses fonctions « sur-le-champ », a décrit l’agence officielle KCNA.

Lire aussi : Corée du Nord : une sévère accusation de Kim Jong-un contre les Etats-Unis

Kim Jong un, dirigeant de la Corée du Nord

Cette mise en scène publique tranche avec les pratiques habituelles du régime. Si Kim Jong Un critique régulièrement les responsables qu’il juge défaillants, les sanctions sont le plus souvent discrètes. Le contexte économique explique en partie cette fermeté. La Corée du Nord, sous sanctions internationales, souffre d’une économie étatisée en grande difficulté, aggravée par des catastrophes naturelles récurrentes et un manque chronique d’infrastructures.

Kim Jong Un a appelé à combler le « retard séculaire » du pays afin de bâtir une économie modernisée, capable d’assurer l’avenir de l’État. En décembre, le dirigeant avait promis lors d’une réunion de hauts placés d’expurger le « mal » au sein de l’appareil gouvernemental, et réprimandé des responsables jugés fainéants. À l’approche du congrès du Parti des travailleurs, le premier en cinq ans, ce limogeage spectaculaire apparaît comme un avertissement envers les cadres jugés inefficaces et vise à réaffirmer l’autorité absolue de Kim sur la trajectoire politique et économique de la Corée du Nord.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici