À un mois de la présidentielle, les figures majeures de l’opposition ivoirienne, exclues du scrutin, ont entamé des consultations entre elles. Ce mercredi 10 septembre, l’ancien président Laurent Gbagbo a reçu des cadors de la scène politique. Face à cette tentative de coalition, le pouvoir prévient.
Le paysage politique ivoirien se recompose à grande vitesse, après l’invalidation de la majorité des candidatures à la présidentielle du 25 octobre 2025. Laurent Gbagbo, Pascal Affi N’Guessan, Tidjane Thiam et Guillaume Soro, tous écartés de la course, ont initié un rapprochement en vue d’une stratégie commune.
Réorganisation de l’opposition ivoirienne
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La récente invalidation de 55 candidatures sur 60 par le Conseil constitutionnel a créé un choc politique en Côte d’Ivoire. Parmi les exclus, des poids lourds tels que Laurent Gbagbo, radié de la liste électorale, Tidjane Thiam en exil volontaire, Pascal Affi N’Guessan pour défaut de parrainages, et Guillaume Soro. Ces leaders ont été reçus ou représentés à une série de consultations à Abidjan, initiées par Gbagbo, ce mercredi.
Lors des échanges, les émissaires du PDCI-RDA, du GPS et du FPI ont salué cette démarche de rassemblement, soulignant l’importance de préserver la démocratie et le pluralisme politique. Bien que chaque formation conserve sa ligne stratégique, un consensus semble émerger autour de la nécessité de mutualiser les efforts pour éviter que l’élection présidentielle ne se transforme en simple formalité pour le président sortant Alassane Ouattara, dont la candidature à un quatrième mandat est très contestée.
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Face à cette dynamique de réorganisation de l’opposition ivoirienne, le pouvoir ne reste pas silencieux. Le ministre Kobenan Adjoumani a dénoncé, fin août, des manœuvres de « déstabilisation » orchestrées selon lui par une opposition incapable d’accepter les règles du jeu démocratique. Il a rappelé que l’État ne tolérerait aucune action visant à compromettre le déroulement pacifique du scrutin. Le gouvernement insiste sur l’indépendance du Conseil constitutionnel, rejetant toute accusation d’ingérence.
Alors que la campagne électorale approche, le pays reste dans une zone d’incertitude. L’opposition ivoirienne tente de transformer son exclusion en force politique commune, tandis que le pouvoir brandit l’ordre républicain pour maintenir le cap. Dans ce bras de fer tendu, la rue pourrait bien devenir l’arbitre silencieux de cette présidentielle inédite.






