Les tensions Mali-Mauritanie s’intensifient après les déclarations de Bamako
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Les tensions entre les deux pays ont brusquement pris de l’ampleur après un communiqué de l’état-major général des armées maliennes ce dimanche, annonçant l’évasion de deux soldats des Forces armées maliennes (FAMa). Selon Bamako, ces militaires, capturés en octobre 2025 par des groupes armés terroristes, auraient réussi à s’exfiltrer dans la nuit du 13 au 14 mars d’un camp de réfugiés situé en Mauritanie avant de regagner le Mali.
D’après l’armée malienne, cette fuite aurait été facilitée par les opérations militaires menées le long de la frontière entre les deux pays, notamment dans la forêt du Wagadou. Les deux soldats auraient ensuite été récupérés à Goundam, dans la région de Tombouctou, avant d’être remis aux autorités militaires compétentes. Ces déclarations ont toutefois ravivé les tensions avec Nouakchott, déjà sensibles dans un contexte sécuritaire fragile au Sahel.
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La réaction adverse ne s’est pas faite attendre. Dans un communiqué officiel ce lundi 16 mars, le ministère mauritanien des Affaires étrangères a exprimé sa « stupéfaction » et son « indignation », rejetant catégoriquement les affirmations de Bamako. Pour les autorités mauritaniennes, évoquer la présence de groupes terroristes détenant des otages dans un camp de réfugiés constitue une accusation grave et « profondément offensante ».
Nouakchott rappelle que le camp de M’Berra, situé au sud-est du pays près de la frontière malienne, accueille depuis plusieurs décennies des dizaines de milliers de réfugiés, principalement maliens, sous la supervision du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Face à ces accusations, le pays de Mohammed Ould Ghazouani, affirme privilégier le dialogue direct avec Bamako afin d’éviter une escalade, tout en se réservant le droit de défendre sa souveraineté.