Le Cameroun a accueilli cette semaine plusieurs migrants expulsés des États-Unis, dans le cadre d’une politique renforcée de renvois vers des pays tiers. Un accueil qui augmente le nombre de pays africains qui accueille les ressortissants de pays tiers expulsés par l’administration Trump
Huit ressortissants africains en situation irrégulière aux États-Unis ont été transférés le 16 février vers le Cameroun. Originaires notamment du Sénégal, de la Sierra Leone et de l’Éthiopie, ils ont été expulsés dans le cadre de la politique migratoire relancée par l’administration de Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche en 2025. Leur arrivée porte à quinze le nombre de migrants actuellement hébergés à Yaoundé sous la supervision de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
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Comme rapporté par RFI, ces migrants expulsés rejoignent un premier groupe arrivé mi-janvier en provenance de Louisiane. Sur les neuf personnes initialement transférées, deux femmes ont depuis été envoyées au Maroc, selon leurs conseils juridiques. Les autres séjournent dans une résidence de l’État camerounais à Yaoundé.
D’après Maître Joseph Fru, avocat de certains exilés, ces personnes ne peuvent être renvoyées dans leurs pays d’origine en raison de risques avérés de persécution. Leur transfert vers le Cameroun s’inscrirait ainsi dans une logique de protection indirecte. En l’absence de possibilité de retour, les autorités camerounaises seraient tenues de leur reconnaître un statut assimilable à celui de réfugié, avec les droits afférents.
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Le Cameroun rejoint ainsi d’autres pays africains ayant accepté d’accueillir des migrants expulsés des États-Unis, parmi lesquels le Ghana, l’Eswatini, le Rwanda, la Guinée équatoriale et le Soudan du Sud. Toutefois, aucun accord officiel entre États-Unis et Cameroun n’a été rendu public à ce jour.
Ce flou diplomatique alimente les interrogations sur le cadre juridique de ces transferts et sur les engagements pris par les deux États. Dans un contexte de durcissement des politiques migratoires américaines, Yaoundé pourrait se retrouver au cœur d’un débat sensible sur la gestion régionale des flux migratoires.






