Corruption au Burkina Faso : des magistrats et douaniers lourdement condamnés

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Corruption au Burkina Faso : des magistrats et douaniers lourdement condamnés

Au Burkina Faso, le tribunal de grande instance de Koupéla a condamné sept prévenus dans une retentissante affaire de corruption, marquant un tournant dans la lutte contre l’impunité au sein de l’appareil d’État.

Le verdict est tombé mardi 24 février 2026 au tribunal de grande instance de Koupéla. Après plusieurs semaines de débats, la juridiction correctionnelle a reconnu coupables quatre magistrats et trois agents des douanes pour des faits graves, notamment de corruption et de blanchiment de capitaux. Trois autres prévenus, dont un magistrat et un avocat, ont été relaxés au bénéfice du doute.

Combattre la corruption au sommet de l’Etat

Ce procès très suivi s’inscrit dans le contexte de la politique de moralisation de la vie publique engagée par les autorités de transition dirigées par le capitaine Ibrahim Traoré. Au cœur du dossier, un système de renvoi d’ascenseur illicite entre magistrats et douaniers. Les premiers étaient accusés d’avoir perçu des sommes d’argent en échange d’un non-lieu en faveur d’agents poursuivis initialement pour concussion. Le tribunal a estimé que les éléments constitutifs de la corruption étaient établis pour sept des dix prévenus.

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Parmi les condamnations les plus lourdes, Alban Balanoë Somé a écopé de 36 mois de prison, dont 18 mois ferme, pour corruption d’agent public et révélation illégale de l’identité d’un témoin protégé. D’autres magistrats, dont Mohamed Traoré, Urbain Medah et Sandaogo Antoine Kaboré, ont été condamnés à des peines allant de 2 à 12 mois de prison ferme, assorties d’amendes significatives oscillant entre 2 et 3 millions de francs CFA.

Les douaniers Oumarou Yaméogo Jonas Yaméogo et Zindi Nikiéma purgeront, quant à eux, 15 mois de prison dont 2 mois ferme. En revanche, le magistrat Jean-Jacques Wend-Panga Ouédraogo, l’avocat Arnaud Sampébré et le douanier Seydou Traoré ont été relaxés pour infractions non constituées. Le tribunal a rejeté les exceptions de nullité et d’incompétence soulevées par la défense.

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Malgré la sévérité du verdict, l’audience a été marquée par de vives tensions. À la barre, les magistrats mis en cause ont dénoncé leurs conditions d’interpellation, évoquant des enlèvements, des séquestrations et même des actes de torture, tandis que leurs avocats ont pointé de nombreuses irrégularités et un non-respect du droit tout au long de la procédure.

Ces contestations n’ont toutefois pas infléchi la décision du tribunal de grande instance de Koupéla, qui a maintenu la culpabilité des principaux prévenus dans cette affaire de corruption, un dossier appelé à marquer durablement l’histoire judiciaire du Burkina Faso.

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