Corruption en Chine : un ancien ministre de l’agriculture condamné à mort

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Corruption en Chine : un ancien ministre de l'agriculture condamné à mort

La lutte contre la corruption en Chine franchit un nouveau cap avec la condamnation à mort, avec sursis à exécution, de l’ex-ministre de l’Agriculture Tang Renjian. Cette affaire est emblématique de la campagne menée par Xi Jinping contre les réseaux de corruption au sein de l’appareil politique chinois.

Depuis plusieurs années, la Chine mène une offensive politique et judiciaire contre la corruption, perçue comme une menace directe pour la stabilité du Parti communiste chinois (PCC). Dans ce contexte, la condamnation de Tang Renjian, figure majeure du gouvernement, envoie un signal fort aux cadres du régime. Cette décision s’inscrit dans une stratégie assumée de purification des élites, tout en renforçant l’autorité du président Xi Jinping.

Lutte acharnée contre la corruption en Chine

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La campagne anti-corruption en Chine, l’une des plus vastes depuis l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping, vient de faire une nouvelle victime de poids. Tang Renjian, ancien ministre de l’Agriculture entre 2020 et 2024, a été condamné à mort avec sursis, dimanche 28 septembre, après avoir été reconnu coupable d’avoir perçu illégalement plus de 268 millions de yuans (soit environ 32 millions d’euros). Il s’agit de l’un des plus gros scandales de corruption enregistrés ces dernières années au sommet de l’État chinois.

Avant de rejoindre le gouvernement central, Tang avait occupé plusieurs postes-clés, notamment en tant que gouverneur de la province du Gansu et vice-président de la région autonome du Guangxi. Selon le tribunal, les pots-de-vin qu’il aurait reçus sur une période de 17 ans ont « gravement nui aux intérêts de l’État et du peuple ». La peine signifie que si l’ancien ministre ne commet aucun autre délit durant les deux prochaines années, sa peine pourrait être commuée en réclusion à perpétuité, avec possibilité d’allègement supplémentaire en cas de bonne conduite.

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La condamnation rapide de Tang Renjian, moins d’un an après son exclusion du Parti communiste chinois en novembre dernier, témoigne de l’accélération des procédures dans ce que Pékin qualifie de « guerre » contre la corruption en Chine. Le rythme soutenu des enquêtes rappelle les chutes retentissantes de deux anciens ministres de la Défense, Li Shangfu et Wei Fenghe.

Pour les observateurs, cette lutte acharnée ne répond pas uniquement à une exigence de moralisation de la vie politique. Elle constitue également un outil de contrôle interne pour Xi Jinping, qui n’hésite pas à écarter des figures influentes ou potentiellement critiques. Quoi qu’il en soit, l’affaire Tang Renjian confirme que la corruption en Chine reste perçue comme une menace existentielle pour le Parti, et que Pékin entend frapper fort pour en limiter l’impact.

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