RDC : le porte-parole de l’armée suspendu après des propos stigmatisants sur les femmes Tutsi

0
RDC : sylvain Ekenge suspendu après des propos stigmatisants sur les femmes Tutsi

Le porte-parole des Forces Armées de la République Démocratiques du Congo (FARDC) a été suspendu ce lundi 29 décembre. Il est reproché au général Sylvain Ekenge d’avoir stigmatiser les femmes Tutsi dans un contexte sécuritaire déjà très tendu à l’est du pays.

La suspension du porte-parole des FARDC marque un nouvel épisode sensible dans la gestion de la communication officielle congolaise. Le général-major Sylvain Ekenge a été écarté de ses fonctions après des propos évoquant une prétendue stratégie d’infiltration rwandaise par des liens familiaux ou matrimoniaux, suscitant une vive indignation en RDC et au-delà de ses frontières.

Suspension de Sylvain Ekenge : une décision pour apaiser les tensions

RDC : l’accord de paix de Washington déjà défié par la reprise des combats

La suspension du porte-parole des FARDC a été annoncée lundi par l’état-major général dans un communiqué. L’armée congolaise y condamne des déclarations jugées contraires aux valeurs républicaines et aux missions constitutionnelles des Forces armées. Elle insiste également sur le fait que ces propos n’engagent ni le président Félix Tshisekedi ni le gouvernement.
En effet, le général Sylvain Ekenge, avait évoqué une supposée stratégie d’infiltration du Rwanda, qui pourrait passer par des relations familiales ou matrimoniales, citant explicitement les femmes Tutsi. Cette suspension du Général intervient dans un contexte de conflit persistant dans l’est de la RDC, où les autorités accusent le Rwanda de soutenir l’AFC/M23.

Lire aussi : « Mouvement sauvons la RDC » : Kabila fédère les exclus du système autour de lui

En interne, plusieurs figures politiques, économiques et des organisations de la société civile, dont le mouvement citoyen Lucha, ont rapidement dénoncé un discours assimilé à une stigmatisation communautaire. Sur le plan régional, Kigali a réagi avec fermeté. La ministre rwandaise de la Fonction publique Christine Nkulikiyinka, a évoqué une menace pour la paix régionale, rappelant que son pays ne permettra jamais que son histoire tragique se répète. En Europe, la Belgique a également exprimé sa préoccupation, appelant au rejet de tout discours de haine émanant de responsables officiels.
Sur un autre plan, la suspension de Sylvain Ekenge survient au lendemain de l’adoption par le gouvernement congolais de nouvelles directives visant à mieux encadrer la parole publique. Une coïncidence qui souligne la volonté des autorités de reprendre le contrôle de leur communication dans un climat politique et sécuritaire explosif.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici