Suspension de Sylvain Ekenge : une décision pour apaiser les tensions
RDC : l’accord de paix de Washington déjà défié par la reprise des combats
La suspension du porte-parole des FARDC a été annoncée lundi par l’état-major général dans un
communiqué. L’armée congolaise y condamne des déclarations jugées contraires aux valeurs républicaines et aux missions constitutionnelles des Forces armées. Elle insiste également sur le fait que ces propos n’engagent ni le président Félix Tshisekedi ni le gouvernement.
En effet, le général Sylvain Ekenge, avait évoqué une supposée stratégie d’infiltration du Rwanda, qui pourrait passer par des relations familiales ou matrimoniales, citant explicitement les femmes Tutsi. Cette suspension du Général intervient dans un contexte de conflit persistant dans l’est de la RDC, où les autorités accusent le Rwanda de soutenir l’AFC/M23.
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En interne, plusieurs figures politiques, économiques et des organisations de la société civile, dont le mouvement citoyen Lucha, ont rapidement dénoncé un discours assimilé à une stigmatisation communautaire. Sur le plan régional, Kigali a réagi avec fermeté. La ministre rwandaise de la Fonction publique Christine Nkulikiyinka, a évoqué une menace pour la paix régionale, rappelant que son pays ne permettra jamais que son histoire tragique se répète. En Europe, la Belgique a également exprimé sa préoccupation, appelant au rejet de tout discours de haine émanant de responsables officiels.
Sur un autre plan, la suspension de Sylvain Ekenge survient au lendemain de l’adoption par le gouvernement congolais de nouvelles directives visant à mieux encadrer la parole publique. Une coïncidence qui souligne la volonté des autorités de reprendre le contrôle de leur communication dans un climat politique et sécuritaire explosif.