Lors du Dialogue national rwandais ouvert ce jeudi 5 février, le président Paul Kagame a vivement réagi aux menaces de sanctions internationales visant le Rwanda, dénonçant ce qu’il considère comme une lecture biaisée du conflit à l’est de la RDC et un traitement injuste de Kigali par la communauté internationale.
Ce jeudi, s’est ouvert à Kigali, le Dialogue national Umushyikirano; un forum qui réunit membres du gouvernement, organisations de la société civile et citoyens pour un débat d’idées et de questions avec les responsables politiques du pays. Lors de son discours d’ouverture, le président rwandais est largement revenu sur les accusations répétées sur l’implication du Rwanda dans le conflit à l’est de la République démocratique du Congo.
Paul Kagame se défend face aux menaces de sanctions
Accord sur les migrants : le Rwanda poursuit le Royaume-Uni après la suspension des paiements
Dans son allocution rapportée par RFI, Paul Kagame a dénoncé ce qu’il considère comme une diplomatie fondée sur la pression et la menace. Exaspéré par les avertissements répétés visant son pays, il a déclaré : « La quantité de menaces auxquelles nous sommes confrontés au quotidien… parfois, on se sent étouffé, mais au lieu d’être étouffé par tout cela, je préfère m’étouffer en défiant ces menaces et en vous disant d’aller en enfer ». Selon lui, les sanctions internationales détournent l’attention des véritables causes de l’instabilité régionale et empêchent toute recherche de solution durable.
Le président rwandais a également mis en cause son homologue congolais, Félix Tshisekedi, qu’il accuse d’entretenir les tensions. « Cet homme, Tshisekedi, qui se tient là, insulte les gens et profère des menaces, puis la communauté internationale vient me voir et me dit : “Vous devez faire ceci” », a-t-il affirmé. Pour Kigali, la communauté internationale, en agitant la menace de sanctions internationales sans exiger de responsabilités équivalentes à Kinshasa, ne ferait qu’encourager l’inaction et l’escalade verbale.

Lire aussi : Migrants indésirables aux USA, relogés en Afrique : le Rwanda dit oui à 250 expulsés
Autre point central du discours, la menace sécuritaire incarnée par les FDLR. Paul Kagame a regretté que cette question soit marginalisée au profit d’accusations visant le Rwanda. « Quand on me demande : “Êtes-vous au Congo ?” Si vous répondez non, les mesures défensives que nous avons prises sont considérées comme inexistantes. Si vous répondez oui (..) tous les autres soucis disparaissent », a-t-il déploré, estimant que les sanctions internationales ignorent volontairement cette dimension sécuritaire pourtant essentielle pour son pays.
Enfin, répondant aux accusations d’exploitation illégale des minerais congolais, le chef de l’État a balayé ces allégations. « Si nous étions en RDC pour les minerais, le Rwanda serait 100 fois plus riche », a-t-il lancé, considérant que ces accusations servent avant tout de prétexte politique pour justifier les sanctions internationales visant Kigali.






