Les autorités congolaises passent à l’offensive contre les dérives observées sur les réseaux sociaux en RDC. Après l’alerte lancée par le président Félix Tshisekedi, le ministre de la Justice ordonne aux procureurs d’engager systématiquement des poursuites contre les auteurs d’infractions en ligne.
Lors du Conseil des ministres du vendredi 27 février 2026, le président Félix Tshisekedi avait dénoncé la montée de la désinformation, des discours de haine et des manipulations de l’opinion sur les réseaux sociaux. Selon lui, ces pratiques menacent la cohésion nationale, l’ordre public et la stabilité sociale en République démocratique du Congo (RDC).
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Lors de son alerte la semaine dernière concernant les dérives sur internet; le président Tshisekedi avait appelé à promouvoir un usage « responsable, éthique et rationnel » des réseaux sociaux en RDC, rappelant l’existence d’un code numérique jugé encore insuffisamment appliqué. Dans la foulée, le gouvernement a annoncé travailler sur des mesures destinées à mieux encadrer les réseaux sociaux.
Parmi les pistes évoquées figurent le renforcement des lois contre la cybercriminalité, une régulation accrue des contenus diffamatoires ou haineux, ainsi qu’une collaboration renforcée avec les opérateurs télécoms et les plateformes numériques. L’exécutif assure vouloir préserver la liberté d’expression tout en luttant contre les abus constatés sur les réseaux sociaux.
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Une semaine plus tard, le ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, est passé à l’action. Dans un communiqué, il a instruit les parquets d’engager systématiquement des poursuites contre les auteurs de diffamation, de propagation de fausses nouvelles, de harcèlement, de menaces, d’injures ou d’incitation à la haine sur les réseaux sociaux.
Il a rappelé que le cyberespace « n’est pas une zone de non-droit » et que les infractions commises en ligne doivent être sanctionnées avec la même rigueur que celles commises hors ligne. Le garde des Sceaux a également demandé aux magistrats d’activer, si nécessaire, les mécanismes de coopération judiciaire internationale pour les auteurs basés à l’étranger.
Si le gouvernement insiste sur le respect des principes de légalité et de proportionnalité, plusieurs organisations de la société civile redoutent que ce durcissement autour des réseaux sociaux en RDC, ne restreigne davantage l’espace civique dans un contexte politique déjà tendu.






