Afrique du Sud : l’opposant Julius Malema condamné à 5 ans de prison ferme

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Afrique du Sud : l'opposant Julius Malema condamné à 5 ans de prison ferme

La justice sud-africaine a condamné, ce jeudi 16 avril, Julius Malema à cinq ans de prison ferme pour des tirs d’arme à feu survenus lors d’un rassemblement de son parti en 2018. Une décision aux lourdes répercussions politiques pour ce leader au ton virulent.

Le leader sud-africain d’extrême gauche est accusé d’avoir tiré avec un fusil d’assaut lors d’un rassemblement il y a huit ans. Reconnu coupable en octobre dernier d’avoir enfreint la législation sur les armes à feu, Julius Malema attendait le prononcé du verdict. Hier mercreedi, en marge de cette décision, des centaines de ses sympathisants s’étaient réunis pour lui apporter leur soutien.

Une condamnation de Malema aux lourdes conséquences politiques

Afrique du Sud : forte mobilisation pour le leader de l’opposition Julius Malema avant sa condamnation

Le tribunal, sous l’autorité de la magistrate Twanet Olivier, a reconnu Julius Malema coupable d’avoir enfreint la législation sur les armes à feu en tirant en l’air lors d’un rassemblement en 2018. Bien que la défense ait soutenu qu’il s’agissait d’un geste symbolique de célébration de l’évènement, la justice a estimé que l’acte constituait une violation grave de la loi. Le parquet avait initialement requis une peine de 15 ans de prison.

Cette décision a provoqué une forte mobilisation des partisans de l’EFF, vêtus de rouge, devant le tribunal et dans plusieurs autres villes comme Johannesburg où le procès était retransmis. La plupart de ses partisans dénoncent une tentative de museler un leader politique connu pour ses discours radicaux et son opposition au pouvoir en place, dirigé par Cyril Ramaphosa. L’affaire a été portée en justice par AfriForum, un groupe conservateur afrikaner critique de longue date de Malema.

L’opposant sud-africain Julius Malema

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Le contentieux s’inscrit aussi dans un contexte plus large de polémiques autour du slogan anti-apartheid « Kill the Boer », que Malema continue de défendre. Les tribunaux sud-africains ont toutefois jugé que ce slogan ne constituait pas un discours de haine, mais relevait du contexte historique de la lutte contre l’apartheid. Sur le plan politique, les conséquences pourraient être majeures. Cette condamnation pourrait entraîner la perte du siège parlementaire de Malema et fragiliser son avenir à la tête de l’EFF.

À l’international, l’affaire a également attiré l’attention de Donald Trump, qui avait interpellé Ramaphosa sur les déclarations du leader sud-africain. Pendant ce temps, l’opposition, notamment l’Alliance démocratique, a salué une décision qu’elle considère comme une victoire pour l’État de droit. Toutefois, les avocats de Malema ont affirmé qu’ils feraient appel de la condamnation et de la peine.

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