Téhéran veut faire de l’université d’Ispahan un musée de la guerre pour témoigner des frappes et de l’oppression subie par le pays. L’information a été donnée samedi dernier par Zafarollah Kalantari, recteur de l’Université de technologie d’Ispahan.
Après les récentes frappes ayant visé plusieurs infrastructures en Iran, les autorités de Téhéran ont annoncé un projet symbolique : transformer une université endommagée en lieu de mémoire. Cette initiative s’inscrit dans une volonté politique et historique de documenter les conséquences du conflit sur le territoire iranien.
Musée de la guerre: un projet mémoriel au cœur des tensions
L’université de technologie d’Ispahan, considérée comme l’une des plus grandes d’Iran, a été touchée en mars par des frappes américano-israéliennes. Elle devrait être partiellement conservée en l’état pour devenir un « musée de la guerre », selon son recteur, Zafarollah Kalantari. Ce site permettra de montrer concrètement les dégâts causés et de « témoigner de l’oppression subie par le pays dans l’histoire », a-t-il expliqué.
Les dommages matériels sont estimés à environ 9,5 millions d’euros. Plutôt que de réhabiliter entièrement les bâtiments détruits, les autorités ont décidé de préserver les ruines comme preuve visuelle du conflit. En parallèle, un nouveau campus universitaire sera construit sur un autre terrain afin d’assurer la continuité des activités académiques.
L’université d’Ispahan avant sa destruction / Crédit Photo : Iran Today
Ce projet de musée de la guerre s’inscrit dans un contexte plus large. Selon les autorités iraniennes, plus de 30 universités à travers le pays ont été touchées par les frappes, y compris dans la capitale, Téhéran. Des zones résidentielles et d’autres infrastructures civiles auraient également été affectées, alimentant les tensions sur la scène internationale.
Alors qu’un cessez-le-feu est entré en vigueur le 8 avril, la situation reste fragile. Les négociations entre Téhéran et Washington sont dans l’impasse, et la menace d’une reprise des hostilités demeure. Dans ce climat incertain, la transformation de l’université d’Ispahan en musée apparaît comme un acte à la fois mémoriel et politique, destiné à marquer durablement les esprits.