Révision de la Constitution en RDC : l’Église catholique et le pouvoir s’affrontent ouvertement

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Révision de la Constitution en RDC : l’Église catholique et le pouvoir s’affrontent ouvertement
Le président Félix Tshisekedi entouré des évêques/ Crédit Photo : Présidence de la RDC

Le débat sur une éventuelle révision de la constitution en République démocratique du Congo prend une tournure de plus en plus conflictuelle. Alors que l’Église catholique rejette toute modification de la loi fondamentale, le camp présidentiel accuse les évêques de s’immiscer dans un processus relevant des institutions de la République. 

La révision de la Constitution s’impose comme l’un des sujets les plus sensibles du débat politique en République démocratique du Congo. Le 15 juin 2026, le Parlement a adopté une proposition de loi fixant les modalités d’organisation d’un référendum constitutionnel. Déjà validé dans les mêmes termes par l’Assemblée nationale et le Sénat, le texte doit désormais être transmis au président Félix Tshisekedi pour promulgation. Une démarche qui suscite la méfiance de l’opposition, laquelle y voit une possible ouverture vers un troisième mandat présidentiel.

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Réunis le week-end du 20-21 juin 2026 lors d’une table ronde consacrée à l’avenir institutionnel du pays, les évêques catholiques ont estimé qu’un changement de la Constitution pourrait fragiliser davantage une RDC déjà confrontée à de graves défis sécuritaires. La Cenco redoute « la balkanisation du pays. Dans un contexte où les rivalités politiques revêtent des connotations ethniques et tribales, le déclenchement d’une autre guerre civile est à redouter ».

Cette prise de position a provoqué une réaction musclée de l’Union sacrée de la Nation. Dans un communiqué, la majorité présidentielle accuse les responsables catholiques d’encourager indirectement la contestation populaire et de dépasser leur rôle spirituel. Tout en reconnaissant la légitimité du débat démocratique, le pouvoir estime que l’Église ne peut s’ériger en arbitre exclusif sur une question engageant l’avenir du pays.

La CENCO

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Face à ces accusations, le secrétaire général de la Cenco, Mgr Donatien Nshole, a dénoncé sur X, une « diversion » du camp présidentiel; ajoutant que « le pays va mal et que chacun doit faire ce qu’il peut pour réunifier la Nation ». L’opposition, emmenée notamment par Moïse Katumbi, soutient également la position des évêques et promet de s’opposer à toute réforme qu’elle considère comme une manœuvre visant à prolonger le pouvoir en place.

Le bras de fer intervient alors que le Parlement a déjà adopté une loi encadrant l’organisation d’un référendum. Cette évolution alimente les soupçons d’une future révision constitutionnelle et laisse présager de nouvelles confrontations politiques autour du changement de la Constitution dans les mois à venir.

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