Le Zimbabwe franchit une nouvelle étape dans la modification de ses institutions. Le sénat a adopté ce mercredi à une écrasante majorité une réforme constitutionnelle controversée, qui prolonge le mandat présidentiel et modifie le mode d’élection du chef de l’État.
Après le feu vert de l’Assemblée nationale, le Sénat zimbabwéen a approuvé mercredi, à une large majorité, un projet de loi portant sur une profonde transformation des règles politiques du pays. Cette décision ouvre la voie à une entrée en vigueur rapide du texte, une fois signé par le président Emmerson Mnangagwa. Une décision qui relance les débats sur la démocratie en Afrique australe, où plusieurs dirigeants ont déjà modifié les règles pour prolonger leur mandat.
Une réforme constitutionnelle vivement contestée par l’opposition
Prolongement du mandat du président : le gouvernement du Zimbabwe donne son feu vert
La réforme constitutionnelle a été adoptée par 75 voix contre 4 au Sénat, après avoir obtenu l’aval de la chambre basse le 18 juin. Le texte prévoit notamment de prolonger de cinq à sept ans les mandats présidentiel et parlementaire. Dans les faits, cette mesure permettrait à Emmerson Mnangagwa, 83 ans, de rester à la tête du Zimbabwe jusqu’en 2030.
La réforme constitutionnelle introduit également un changement majeur du système électoral. Les futures élections présidentielles au suffrage universel direct seraient supprimées au profit d’une désignation du chef de l’État par le Parlement, mettant fin à un mode de scrutin en vigueur depuis 1987.

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Le parti au pouvoir, le Zanu-PF, défend cette réforme constitutionnelle au nom de la stabilité politique et de la continuité des politiques publiques. Le gouvernement estime que ces modifications permettront de mener à terme les programmes de développement engagés dans le pays.
De son côté, l’opposition dénonce un « coup d’État constitutionnel » destiné à renforcer durablement l’emprise du Zanu-PF sur le pouvoir. Plusieurs organisations de défense des droits humains ont également fait état d’actes d’intimidation, d’arrestations et de violences visant les opposants à la réforme constitutionnelle, dans un contexte politique déjà marqué par de fortes tensions.





