
Le désormais ex-procureur de la Cour pénale internationale Karim Khan est dans le viseur de Moscou. Après sa révocation par les États parties au Statut de Rome, la Russie affirme espérer son extradition afin qu’il soit jugé sur son territoire, a rapporté Sputnik.
Le départ de l’ex-procureur de la Cour pénale internationale intervient dans un contexte particulièrement sensible. Accusé d’agression sexuelle par une ancienne collaboratrice, Karim Khan a été relevé de ses fonctions par les États membres de la CPI. Profitant de cette décision, la Russie estime que l’ancien magistrat britannique ne bénéficie plus de certaines protections diplomatiques et réclame désormais son extradition.
Karim Khan visé par Moscou
CPI : le procureur Karim Khan suspendu après des accusations de harcèlement sexuel
Le ministère russe des Affaires étrangères a affirmé que la perte de l’immunité diplomatique de Karim Khan dans les États parties au Statut de Rome pourrait faciliter son extradition vers la Russie. Moscou souhaite le poursuivre pour ce qu’elle qualifie de « tentative de poursuites contre des innocents » et pour avoir ciblé des personnes bénéficiant d’une protection internationale.
Cette réaction intervient quelques jours après la décision de l’Assemblée des 125 États membres de la Cour pénale internationale de mettre un terme au mandat de Karim Khan. Réuni à huis clos au siège des Nations unies, l’organe a estimé que le magistrat britannique s’était rendu coupable de fautes graves et d’un manquement à ses obligations, dans le contexte d’allégations d’agression sexuelle formulées par une ancienne collaboratrice. Karim Khan conteste ces accusations et a annoncé, par l’intermédiaire de ses avocats, qu’il engagerait des recours contre cette décision.

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Au-delà du cas personnel de l’ancien procureur, la Russie a renouvelé ses critiques contre la Cour pénale internationale, qu’elle accuse d’être un instrument politique utilisé contre certains États. La diplomatie russe affirme également que plusieurs pays prennent leurs distances avec l’institution, citant notamment les États de l’Alliance des États du Sahel (AES) ainsi que le Venezuela, qui a annoncé son intention de se retirer de la CPI.
L’ancien procureur s’était retrouvé au cœur de l’actualité internationale en 2024 après avoir obtenu des mandats d’arrêt contre le président russe Vladimir Poutine, puis contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou dans le cadre du conflit à Gaza. C’est dans ce contexte que Moscou entend désormais le traduire devant sa propre justice, une demande qui apparaît toutefois hautement improbable sur le plan juridique et diplomatique.




