Le Ghana, deuxième producteur mondial de cacao a annoncé ce 2 octobre, une revalorisation de 12,3 % du prix d’achat aux cultivateurs pour la saison 2025/2026. Une mesure destinée à mieux rémunérer les agriculteurs et à freiner les dérives liées à la contrebande et à l’orpaillage illégal.
Alors que les prix mondiaux du cacao atteignent des sommets, les pays producteurs ajustent leurs politiques pour en faire profiter les acteurs de la filière. Après la Côte d’Ivoire, c’est au tour du Ghana de revoir à la hausse le prix garanti aux planteurs. Un effort louable dans un contexte où les producteurs sont de plus en plus tentés par des alternatives plus lucratives, parfois illégales.
Le cacao ghanéen mieux rémunéré, mais sous pression
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Le gouvernement ghanéen a officialisé, le 2 octobre 2025, une augmentation de 12,3 % du prix du cacao payé aux producteurs locaux pour la nouvelle campagne. Désormais, le kilo s’échangera à 3,92 euros, un tarif en progression, mais toujours inférieur de 30 centimes à celui offert par la Côte d’Ivoire (4,26 €/kg). Cette revalorisation entre en vigueur dès ce 3 octobre et s’inscrit dans une volonté de soutenir les agriculteurs et d’assurer un revenu plus équitable.
Le cacao est un pilier de l’économie ghanéenne, représentant environ 10 % du PIB national. Près d’un million de personnes en vivent directement. Pourtant, de nombreux producteurs dénoncent un revenu encore trop faible au regard de l’augmentation du coût de la vie et des efforts fournis. Certains préfèrent vendre illégalement leur production à la frontière ivoirienne, attirés par le prix plus élevé, ou se tournent vers l’exploitation illégale de l’or, plus rémunératrice mais risquée.

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Pour endiguer ce phénomène, le ministre des Finances Cassiel Ato Forson a annoncé le maintien des programmes de soutien : distribution gratuite d’engrais, de pesticides et d’équipements, ainsi qu’une aide à la scolarisation des enfants d’agriculteurs. Le secteur du cacao, très encadré par l’État ghanéen, impose aux planteurs de vendre leur production à un organisme public.
Cette politique vise à stabiliser les revenus mais reste critiquée pour son manque de flexibilité et son exposition aux aléas des marchés internationaux. Dans ce contexte, la nouvelle hausse est un signal positif, mais elle ne suffira sans doute pas à elle seule à enrayer l’exode agricole ou la fuite des fèves vers les pays voisins.






