Ouganda : menacé de mort, Bobi Wine refuse le bras de fer judiciaire après la présidentielle

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Ouganda : menacé de mort, Bobi Wine refuse le bras de fer judiciaire après la présidentielle

En Ouganda, l’opposant Bobi Wine refuse de saisir la justice pour contester la réélection de Yoweri Museveni, qu’il juge frauduleuse. Une décision justifiée par son manque de confiance en la justice ougandaise alors que l’opposant affirme être visé par de graves menaces de mort émanant du chef de l’armée, fils du président.

La réélection du président ougandais Yoweri Museveni, 81 ans, au scrutin du 15 janvier pour un septième mandat consécutif; plonge le pays dans une nouvelle phase de tensions politiques. Son principal opposant, Bobi Wine, arrivé deuxième du scrutin, rejette les résultats mais fait le choix stratégique de ne pas engager de recours judiciaire, sans toutefois renoncer à la contestation malgré les menaces formulées contre lui.

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Figure centrale de l’opposition ougandaise, Bobi Wine a annoncé qu’il ne porterait pas la contestation électorale devant les tribunaux. Il affirme ne plus avoir confiance dans une justice qu’il considère inféodée au pouvoir exécutif. Selon lui, toute procédure judiciaire serait vaine dans un système politique « capturé » par le régime de Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986.

Cette décision intervient alors que Bobi Wine affirme être directement menacé de mort. Muhoozi Kainerugaba, fils du président et chef des forces armées, a publié sur le réseau social X, des messages appelant explicitement à l’élimination de l’opposant, qualifiant son parti de « terroriste ». Ces propos, largement relayés par les médias internationaux, ont suscité l’indignation de l’opposition et d’organisations de défense des droits humains.

Le président de l’Ouganda, Yoweri Museveni et son fils Muhoozi Kainerugaba

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Selon Bobi Wine, sa résidence a été encerclée par les forces de sécurité après l’annonce des résultats. Il affirme que sa famille est étroitement surveillée, privée d’électricité et empêchée de recevoir de la nourriture, l’obligeant à se cacher. C’est d’ailleurs depuis un lieu tenu secret, qu’il a fait ses déclarations. Ces événements illustrent, selon lui, la dérive autoritaire du régime et la criminalisation de toute voix dissidente.

Malgré son retrait du terrain judiciaire, Bobi Wine n’abandonne pas le combat politique. Il appelle ses partisans à poursuivre la mobilisation par des moyens pacifiques et citoyens et « toutes les voies légales » en dehors des tribunaux. Le gouvernement, de son côté, maintient un discours inflexible. Museveni accuse l’opposition de vouloir renverser les résultats par la violence et qualifie certains de ses militants de « terroristes ».

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