Exilé au Togo depuis septembre 2022, l’ex-président de la transition du Burkina Faso, Paul Henry Sandaogo Damiba a été extradé dans son pays. L’information est donnée par Africa Intelligence qui rappelle qu’il est accusé par les autorités de Ouagadougou d’avoir tenté de fomenter un coup d’État au début du mois de janvier 2026.
Après plusieurs semaines de pressions diplomatiques, les autorités togolaises ont procédé à l’extradition de Paul-Henri Sandaogo Damiba, ancien chef de la transition burkinabè renversé en 2022. Installé en exil à Lomé depuis sa chute, il est désormais aux mains des autorités de Ouagadougou, qui le soupçonnent d’avoir cherché à déstabiliser le régime du capitaine Ibrahim Traoré.
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Arrêté le 16 janvier au Togo, Paul-Henri Sandaogo Damiba a été expulsé dès le lendemain vers Ouagadougou à bord d’un avion affrété par les services de renseignement togolais, a rapporté Africa Intelligence. L’extradition de Damiba marque une victoire politique pour la junte burkinabè, qui réclamait son retour depuis plusieurs semaines afin qu’il réponde d’accusations liées à une tentative de coup d’État présumée.
Selon les autorités burkinabè, Paul-Henri Sandaogo Damiba aurait joué un rôle central dans un projet visant à renverser Ibrahim Traoré début janvier. Ce complot aurait bénéficié de soutiens extérieurs, notamment en Côte d’Ivoire, une accusation fermement rejetée par Abidjan mais régulièrement avancée par la junte de Ouagadougou.
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Le Togo, qui s’était jusque-là posé en médiateur entre le Burkina Faso et la communauté internationale, aurait pris cette décision après plusieurs avertissements envers Damiba. Ce dernier aurait été averti, le 31 décembre 2025, de cesser toute activité dont le but pourrait être de renverser le régime burkinabè. Un deuxième avertissement début 2026, resté sans succès, aurait précipiter la décision des autorités togolaises.
Craignant d’être accusé de complaisance, le président Faure Gnassingbé aurait estimé que le maintien de Paul-Henri Sandaogo Damiba sur le sol togolais nuisait à la crédibilité diplomatique du pays. Désormais détenu à Ouagadougou, l’ancien président de la transition pourrait être poursuivi pour haute trahison et atteinte à la sûreté de l’État. Des charges lourdes, alors que le Burkina Faso envisage de durcir son arsenal pénal à l’encontre des auteurs de tentatives de déstabilisation du pouvoir.






