Le Soudan a officiellement accusé, le 2 mars, l’Éthiopie de « violation flagrante » de sa souveraineté. Pour Khartoum, des attaques de drones contre son armée seraient lancées depuis le territoire éthiopien par les Forces de soutien rapide (FSR), en pleine guerre contre le gouvernement central.
Depuis le 15 avril 2023, une guerre oppose au Soudan, les forces armées dirigées par le général Abdel Fattah al-Burhan aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) commandées par Mohamed Hamdan Daglo, dit Hemedti. Ce conflit, qui a déjà fait des dizaines de milliers de morts et déplacé des millions de civils, prend désormais une dimension régionale plus marquée
Des accusations inédites de Khartoum contre Addis-Abeba
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Il s’agit de la première accusation publique et directe de Khartoum contre l’Éthiopie depuis le début de la guerre au Soudan. Dans un communiqué publié le 2 mars 2026, le ministère soudanais des Affaires étrangères accuse l’Éthiopie d’avoir servi de base arrière aux FSR pour mener des attaques de drones contre des positions de l’armée dans l’État du Nil Bleu, à l’est du pays.
Selon les autorités soudanaises, plusieurs frappes de drones observées en février et début mars auraient été lancées « en provenance du territoire éthiopien ». Le gouvernement affirme se réserver le droit de riposter face à ce qu’il qualifie d’« actes hostiles ». Khartoum accuse également les Émirats arabes unis de fournir des armes aux FSR via des routes passant par la Libye, le Tchad ou encore le Kenya. Des accusations rejetées par Abou Dhabi.

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Une étude récente de l’International Crisis Group évoque par ailleurs une intensification des livraisons d’armes vers l’Éthiopie depuis fin 2025, destinées, selon des responsables soudanais, à soutenir les paramilitaires. Lors d’une récente session du Conseil de sécurité des Nations unies, plusieurs diplomates ont alerté sur l’ingérence de pays voisins dans la guerre au Soudan, soulignant que l’afflux d’armes rend toute trêve difficilement envisageable.
Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a, de son côté, dénoncé l’impact dévastateur de l’escalade des frappes de drones sur les civils. Alors que les combats s’intensifient au Kordofan et dans l’est du pays, la guerre au Soudan semble s’inscrire dans une dynamique régionale préoccupante, faisant craindre une extension du conflit au-delà des frontières soudanaises.






