Soudan : retour du gouvernement à Khartoum, symbole fragile d’un nouvel espoir

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Soudan : retour du gouvernement à Khartoum, symbole fragile d’un nouvel espoir

Après près de deux ans d’exil forcé à Port-Soudan, le gouvernement soudanais a annoncé son retour dans la capitale Khartoum ce dimanche 11 janvier. Ce retour annoncé par le Premier ministre Kamel Idris, intervient dans un pays toujours profondément déstabilisé par la guerre opposant l’armée aux Forces de soutien rapide (FSR).

Chassé de la capitale en 2023 par l’offensive des Forces de soutien rapide, le gouvernement soudanais a présenté son retour comme le début d’une phase de reconstruction et de normalisation. Mais sur le terrain, la réalité reste marquée par des infrastructures détruites, une insécurité persistante et un conflit qui se déplace vers d’autres régions du pays.

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« Nous sommes de retour aujourd’hui (…) le gouvernement de l’espoir revient dans la capitale nationale », a déclaré Kamel Idris aux journalistes à Khartoum. Replié pendant des mois à Port-Soudan, devenu capitale provisoire, l’exécutif promet désormais une amélioration rapide des services essentiels et une relance de la vie administrative.

Ce retour du gouvernement à Khartoum s’inscrit dans un contexte humanitaire et sécuritaire extrêmement dégradé. Si plus d’un million d’habitants sont revenus dans la capitale depuis sa reprise par l’armée en mars 2024; les hôpitaux, réseaux électriques, systèmes d’eau et infrastructures de transport restent en grande partie hors service. Les Nations unies estiment à plusieurs centaines de millions de dollars le coût minimal de la réhabilitation.

Le Premier ministre Kamel Idris avec le général Abdel Fattah al-Burhane, dirigeant de facto du Soudan.

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Sur le plan militaire, la situation demeure instable. Les FSR, après avoir perdu Khartoum, ont redéployé leurs forces vers l’ouest du pays. Leur prise de contrôle d’El-Fasher, au Darfour, puis leur avancée vers le Kordofan, région stratégique et pétrolifère, montre que le conflit est loin d’être terminé. Des frappes de drones continuent par ailleurs de viser la capitale, fragilisant le retour du gouvernement à Khartoum.

Au-delà du symbole, le gouvernement sera jugé sur sa capacité à rétablir la sécurité, reconstruire la ville et répondre aux besoins d’une population éprouvée. Dans un pays où la guerre a fait des dizaines de milliers de morts et déplacé plus de 11 millions de personnes, la stabilité politique reste conditionnée à une issue durable du conflit avec les FSR.

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