Lutte contre la corruption : l’Afrique du sud crée un comité pour surveiller l’exécutif

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Lutte contre la corruption : l'Afrique du sud crée un comité pour surveiller l'exécutif

Le parlement sud-africain a institué un comité chargé de surveiller les finances de l’exécutif et plus précisément de la présidence. Cette initiative est une recommandation de la commission Zondo après les scandales de corruption sous le président Jacob Zuma.

Pour la première fois depuis 1994, l’National Assembly of South Africa (Assemblée nationale) institue une structure permanente chargée de contrôler l’office de la présidence, jusque-là essentiellement hors de tout cadre d’examen parlementaire. Cette réforme concrétise plusieurs recommandations de l’Zondo Commission, mise en place en 2018 pour faire la lumière sur les scandales de capture d’État et de corruption sous l’ère précédente.

Un comité dédié à la surveillance de l’exécutif

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Le comité, composé de 11 députés issus de la majorité et de l’opposition comme l’a rapporté RFI ; sera chargé d’examiner le budget de la présidence, de demander des comptes au Directeur général de la présidence, et d’inviter le président ou le vice-président à se présenter au moins une fois par an pour répondre aux questions sur les politiques nationales importantes.

Cette initiative marque un tournant pour la surveillance de l’exécutif en Afrique du Sud. Jusqu’à présent, le budget alloué à la présidence passait sans contrôle approfondi via comité parlementaire, et la présidence n’était évaluée que via des questions orales trimestrielles. En adoptant ces nouvelles règles, le Parlement a mis en œuvre la recommandation d’un contrôle institutionnel plus rigoureux.

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Il s’agit d’une réponse directe aux manquements passés dénoncés par la Zondo Commission, qui avait pointé l’inaction des députés face aux cas de corruption. Pour le parti Democratic Alliance (DA), à l’initiative de ce projet depuis octobre 2024; il s’agit d’un « grand pas pour la démocratie ». Le comité permet non seulement la surveillance de l’exécutif, mais aussi le rétablissement d’un véritable rôle de contrôle législatif.

Reste désormais à observer la mise en œuvre concrète de ce dispositif. La régularité des convocations, la transparence des comptes, et la capacité du comité à exercer un contrôle effectif, gages de la crédibilité de cette nouvelle ère de surveillance de l’exécutif en Afrique du Sud.

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