Un collectif d’Afrikaners a fermement rejeté les accusations de “génocide blanc” en Afrique du sud, promues par Donald Trump. Dans une lettre ouverte intitulé « Pas en notre nom », ces blancs d’Afrique du sud ont dénoncé une instrumentalisation politique, rapporte France 24.
La controverse enfle en Afrique du Sud comme aux États-Unis. Tandis que l’administration Trump entend favoriser les demandes d’asile des Sud-Africains blancs, des voix afrikaners se lèvent pour dire stop. Composé de chercheurs, entrepreneurs, intellectuels et descendants de figures anti-apartheid, ce collectif réfute toute “menace existentielle” pesant sur les Afrikaners et dénoncent un récit exagéré, voire complotiste, qui divise la société sud-africaine et brouille les enjeux réels du pays.
Un débat fracturé autour des Afrikaners
Afrique du sud : des fermiers blancs, victimes de « discriminations », accueillis par les États-Unis
Le collectif pointe d’abord le danger d’un discours victimaire brandi par Donald Trump pour soutenir un programme migratoire profondément sélectif priorisant les Afrikaners, et officialisé en octobre par son administration. Selon ces signataires, le choix de prioriser l’asile pour les Afrikaners installe l’idée fausse d’une population blanche persécutée. Les chercheurs impliqués rappellent que les Sud-Africains blancs, malgré certaines violences en milieu rural, ne sont pas ciblés sur des bases raciales et continuent d’occuper une position socio-économique privilégiée.
Début février, Donald Trump avait déjà signé un décret accordant le statut de réfugié aux Afrikaners qu’il juge spoliés de leurs terres et persécutés. Face à ce constat, le collectif s’inquiète de la récupération politique d’incidents criminels pour alimenter un récit de “génocide blanc”. Les statistiques nationales indiquent bien l’ampleur des violences dans le pays, mais montrent surtout que les zones urbaines et les jeunes hommes noirs en sont les principales victimes.

Lire aussi : Afrique du Sud : la ville du Cap minée par la violence des gangs
Pour les signataires, citer les Afrikaners comme communauté menacée revient à détourner l’attention des véritables urgences sociales sud-africaines. Cependant, ce plaidoyer n’a pas fait l’unanimité. Si une partie de la communauté y voit un geste nécessaire pour combattre la désinformation, d’autres sud-africains blancs estiment que les inquiétudes liées à la criminalité rurale sont minimisées.
Certains leaders conservateurs affirment que les meurtres de fermiers et les questions foncières méritent une attention accrue, même s’ils rejettent eux aussi le terme de “génocide”. Dans ce contexte tendu, la lettre prend position contre les discours alimentant la théorie du “grand remplacement” et ses variantes locales. Pour ses auteurs, ériger les Afrikaners en symbole d’un supposé combat civilisationnel revient à affaiblir les efforts de réconciliation entrepris depuis 1994 et à renforcer des fractures identitaires que le pays tente encore de réparer.






