La manifestation des agriculteurs a pris une nouvelle ampleur ce mardi 13 janvier à Paris. Environ 350 tracteurs ont convergé devant l’Assemblée nationale pour dénoncer l’accord UE-Mercosur et réclamer des mesures urgentes face à une crise agricole jugée insoutenable par les syndicats.
La colère ne retombe pas dans le monde agricole. Après plusieurs semaines d’actions menées partout en France, la manifestation des agriculteurs s’est déplacée au cœur du pouvoir politique. À l’appel des syndicats FNSEA et Jeunes Agriculteurs, des centaines de producteurs ont investi les abords du Palais Bourbon afin d’obtenir des réponses concrètes du gouvernement, alors que la signature de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur approche.
Manifestation des agriculteurs : un bras de fer politique et économique
Dès l’aube, un convoi de tracteurs escorté par les forces de l’ordre est entré dans la capitale Paris, par la porte Dauphine. Devant l’Assemblée nationale, banderoles et prises de parole ont illustré une manifestation des agriculteurs marquée par l’exaspération. « Cela fait trois ans que nos exploitations ne dégagent plus de revenus », déplore Guillaume Moret, responsable FNSEA en Île-de-France.
Au cœur des revendications, l’accord UE-Mercosur cristallise les tensions. Les agriculteurs dénoncent une concurrence jugée déloyale de produits importés ne respectant pas, selon eux, les normes sanitaires et environnementales européennes. Cette manifestation des agriculteurs vise aussi à obtenir une simplification administrative et une meilleure protection de la souveraineté alimentaire française.
Le mouvement a pris une tournure spectaculaire avec le déversement d’environ 20 tonnes de pommes de terre sur le pont de la Concorde. Un geste symbolique destiné à illustrer les difficultés de trésorerie des exploitations. Parallèlement, la crise sanitaire liée à la dermatose nodulaire contagieuse des bovins a renforcé la mobilisation, au point de provoquer l’absence inédite de vaches au prochain Salon de l’agriculture.
Pommes de terre déversées devant l’Assemblée nationale
Face à la pression, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé sur son compte X, avoir « pris quatre décisions ce jour ». Il annonce notamment avoir demandé à la ministre de l’Agriculture Annie Genevard « de préparer pour le salon de l’Agriculture une loi d’urgence agricole ». Un projet de loi d’urgence agricole, axé sur l’eau, la prédation et les moyens de production.
« Ce texte sera inscrit à l’ordre du jour du Conseil des ministres au mois de mars et sera ensuite examiné par le Parlement avant l’été », a-t-il précisé. Une réponse attendue de près par les manifestants, pour qui ce mouvement pourrait n’être qu’une étape avant de nouvelles actions si les engagements tardent à se concrétiser.