Coopération stratégique : le Togo veut positionner l’Afrique au cœur de l’espace indo-pacifique

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Coopération stratégique : le Togo veut positionner l’Afrique au cœur de l’espace indo-pacifique

Dans une allocution au Japon ce 20 août, Faure Gnassingbé a évoqué l’avenir d’une coopération stratégique au sein de l’espace indo-pacifique. Le Président du Conseil de la République togolaise a exposé quatre orientations majeures pour faire de la coopération Afrique-Japon-Océan Indien un moteur de prospérité partagée et durable.

S’exprimant à Yokohama lors de la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (Ticad), le président du Conseil a a lancé un appel fort pour refonder les relations économiques entre l’Afrique, le Japon et l’espace indo-océanique. Ce pour faire face à un contexte international marqué par les incertitudes géopolitiques et économiques.

Une vision claire pour une coopération stratégique gagnant-gagnant

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Pour Faure Gnassingbé, l’Afrique et notamment sa façade ouest, peut jouer un rôle logistique et industriel central. Le port en eau profonde de Lomé se positionne déjà comme un hub incontournable pour la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). L’arrivée attendue de Toyota traduit la confiance des investisseurs dans la stabilité du Togo et la qualité de ses infrastructures. Cette intégration logistique est une première étape vers une coopération stratégique plus large.

Mais au-delà des infrastructures, le président du Conseil appelle à une transformation des modèles économiques. L’Afrique ne doit plus se contenter d’exporter ses matières premières tandis que le Japon envoie des produits finis. Il faut construire ensemble des chaînes de valeur industrielles, qui permettent la transformation locale, la montée en compétences des jeunes et la création d’emplois durables. Cette approche industrielle partagée est essentielle pour ancrer une coopération stratégique de long terme.

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L’océan Indien, quant à lui, ne doit plus être perçu comme une frontière lointaine pour l’Afrique de l’Ouest, mais comme un lien naturel avec l’Asie. Le port de Lomé, connecté aux grands corridors transafricains, peut contribuer à faire de l’espace indo-pacifique une plateforme logistique intégrée. Faure Gnassingbé y voit un levier de souveraineté économique et de prospérité partagée, à condition de bâtir un partenariat structurant et équilibré avec le Japon.

Enfin, le Président du Conseil insiste sur l’importance d’un développement durable et inclusif. L’océan Indien est aussi un espace humain et environnemental. Les projets d’infrastructures doivent intégrer la durabilité, la résilience climatique et la justice sociale. En défendant une économie bleue et verte, l’Afrique et le Japon peuvent construire ensemble un avenir respectueux des écosystèmes et des populations, socle indispensable d’une coopération stratégique globale.

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