L’inculpation de James Comey ex-directeur du FBI, ce jeudi 25 septembre, relance le débat sur l’utilisation politique de la justice par Donald Trump. L’accusation d’entrave à la justice devient un symbole des tensions croissantes entre l’exécutif et ses opposants.
James Comey, ancien patron du FBI et figure honnie par Donald Trump depuis 2016, a été inculpé jeudi pour des faits liés à son témoignage devant le Sénat. Cette décision judiciaire, saluée par le président américain, alimente les inquiétudes sur une instrumentalisation de la justice à des fins politiques. Elle pourrait marquer un tournant dans le bras de fer engagé depuis plusieurs années entre Trump et les institutions fédérales.
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Selon un communiqué du ministère de la Justice, James Comey est poursuivi pour fausse déclaration et entrave à la justice dans le cadre de son audition de 2020 devant la commission judiciaire du Sénat. Il y avait alors été interrogé sur l’enquête du FBI portant sur les soupçons de collusion entre l’équipe de campagne de Donald Trump et la Russie en 2016. Le grand jury fédéral a retenu des charges jugées « graves », passibles de cinq ans d’emprisonnement.
Peu après l’annonce, Donald Trump a exprimé sa satisfaction sur son réseau Truth Social, qualifiant Comey de « traître » et affirmant que « justice est enfin rendue ». L’ancien directeur du FBI a répondu via une vidéo sur Instagram, dénonçant des méthodes autoritaires. « La peur est l’arme des tyrans », a-t-il déclaré, assurant qu’il n’avait « rien à se reprocher » et qu’il avait « confiance dans la justice ».
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L’inculpation de James Comey intervient dans un contexte tendu. Depuis son retour au pouvoir, Trump a promis de sanctionner ceux qui ont, selon lui, tenté de nuire à sa présidence. John Brennan, ex-directeur de la CIA, et la procureure Letitia James font partie des autres personnalités visées. Le limogeage récent du procureur Erik Siebert, qui refusait de poursuivre ces dossiers pour manque de preuves, semble confirmer cette stratégie offensive.
La nomination de Lindsey Halligan à la place de Siebert, avec l’appui de la ministre de la Justice Pam Bondi, témoigne d’une volonté d’« accélérer » les poursuites. Mais pour nombre d’observateurs, cette affaire d’entrave à la justice pourrait surtout ouvrir un nouveau front sur le terrain de la séparation des pouvoirs, où la politique et le droit s’affrontent de plus en plus ouvertement.






