Accusé de crimes contre l’humanité, l’ex-président philippin Rodrigo Duterte sera interrogé le 23 février par la Cour pénale internationale. L’institution lui reproche d’être impliqué dans des meurtres liés à la guerre contre les consommateurs et trafiquants de drogue qu’il avait mené lors de son mandat.
Rodrigo Duterte, président des Philippines de 2016 à 2022, fait désormais face à la justice internationale. Arrêté en mars 2025 et transféré à La Haye, il est poursuivi par la Cour pénale internationale (CPI) pour son rôle présumé dans des dizaines de meurtres liés à sa politique antidrogue. Une audience clé de confirmation des charges doit permettre aux juges de décider si un procès peut s’ouvrir.
Rodrigo Duterte bientôt écouté par la CPI
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La Cour pénale internationale reproche à Rodrigo Duterte trois chefs d’accusation pour crimes contre l’humanité, portant sur au moins 76 meurtres. Les procureurs estiment qu’il a participé, directement ou indirectement, à des exécutions extrajudiciaires lors de sa » guerre contre la drogue « , qui aurait causé des milliers de morts à travers l’archipel.
Le premier chef concerne 19 meurtres commis entre 2013 et 2016, lorsque M. Duterte était maire de Davao. Le deuxième porte sur 14 assassinats de présumées « cibles de haute valeur » en 2016 et 2017, au début de son mandat présidentiel. Le troisième chef vise 43 meurtres lors d’opérations de « nettoyage » menées de 2016 à 2018.
La défense a tenté de faire valoir l’état de santé déclinant de l’ancien dirigeant, 80 ans, affirmant qu’il souffre de troubles de la mémoire incompatibles avec un procès équitable. Après expertise médicale indépendante, la Cour a rejeté ces arguments, estimant que l’ex-président était en mesure d’exercer ses droits et de participer aux procédures.
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Détenu à la prison de Scheveningen, à La Haye, Rodrigo Duterte avait déjà vu une demande de mise en liberté refusée, la CPI évoquant un risque de fuite et de pression sur les témoins. Ses avocats envisagent désormais de faire appel, dénonçant une atteinte au droit à une procédure régulière.
Cette audience intervient dans un contexte institutionnel délicat pour la Cour pénale internationale, actuellement sans procureur en chef actif dans ce dossier, mais elle marque une étape décisive dans l’un des procès les plus sensibles de son histoire récente.






