Le remaniement gouvernemental en Libye annoncé récemment par le Premier ministre Abdulhamid Dbeibah a déclenché une nouvelle controverse à Tripoli. La ministre de la Culture écartée, Mabrouka Tougi, a refusé de quitter ses fonctions dénonçant une décision qu’elle juge contraire aux procédures institutionnelles.
À Tripoli, une nouvelle crise politique secoue l’exécutif. La décision du Premier ministre Abdulhamid Dbeibah, la semaine dernière, de remanier son gouvernement a déclenché un bras de fer institutionnel après le refus de Mabrouka Tougi, ministre de la Culture limogée, de quitter ses fonctions. Cette situation illustre les fragilités persistantes du pouvoir en Libye, où les rivalités entre institutions continuent de compliquer la gouvernance.
Remaniement gouvernemental et nouveau bras de fer en Libye
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Le remaniement gouvernemental en Libye décidé par Abdulhamid Dbeibah a déclenché une crise institutionnelle au sein de l’exécutif. À la suite de l’annonce de la nomination de Salem Al‑Alam comme nouveau ministre de la Culture, l’ancienne titulaire du poste, Mabrouka Tougi, a affirmé qu’elle continuerait d’exercer ses fonctions. Elle estime que ce remaniement gouvernemental ne respecte pas les mécanismes institutionnels prévus par les accords politiques encadrant l’exécutif.
Dans un communiqué publié cette semaine, la ministre limogée a dénoncé une décision susceptible de « compromettre la légitimité institutionnelle » et de provoquer une confusion administrative au sein du ministère. Selon elle, tout remaniement gouvernemental en Libye doit être validé dans le respect des procédures constitutionnelles et des équilibres politiques établis dans un pays toujours marqué par de profondes divisions. La crise a également pris une dimension politique plus large.
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La ministre limogée s’appuie sur une correspondance que le chef du Conseil présidentiel, Mohamed el‑Menfi, aurait adressé au Premier ministre lui rappelant que toute modification de la composition du gouvernement devait faire l’objet d’un consensus institutionnel. D’un autre coté, les relations entre le Premier ministre et Mohamed el-Menfi, mais aussi Mohamed Takala, chef du Haut Conseil d’État qui fait office de chambre haute; s’étaient déjà récemment dégradées.
Les désaccords portaient sur la répartition des postes officiels entre les régions occidentale, orientale et méridionale de la Libye. Sur le terrain, les tensions se sont matérialisées. Une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux a montré des agents de sécurité empêchant Mabrouka Tougi d’accéder au siège du ministère de la Culture à Tripoli. Ils justifiaient de ne pas avoir reçu l’ordre de ne pas la laisser entrer dans les locaux administratifs
Malgré ces frictions, plusieurs responsables institutionnels ont participé à la première réunion gouvernementale organisée après l’annonce du remaniement gouvernemental en Libye. Le Premier ministre a défendu sa décision en affirmant que ces changements visaient avant tout à améliorer les services rendus aux citoyens, dans un contexte politique toujours fragile.
Crédit Photo : AFP






