Accord sanitaire : le Ghana dit Non aux États-Unis sur fond de tensions liées aux données sensibles

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Accord sanitaire : le Ghana dit Non aux États-Unis sur fond de tensions liées aux données sensibles

Le Ghana a mis fin aux négociations d’un accord sanitaire avec les États-Unis, invoquant des risques pour la confidentialité des données de santé. Une décision qui met en lumière des tensions croissantes autour de la souveraineté des données en Afrique.

Les États-Unis ont lancé, depuis fin 2025, une série d’accords bilatéraux avec plusieurs pays africains dans le secteur de la santé. Inscrite dans la stratégie « America First Global Health », cette initiative prévoit un soutien financier aux systèmes sanitaires locaux en échange d’un accès à certaines données médicales. Une condition qui soulève de vives inquiétudes sur la souveraineté des données, poussant déjà plusieurs États à rejeter ces accords. Pourtant, 17 nations africaines, dont le Nigeria, le Burkina Faso, la RDC, le Kenya et le Rwanda, ont accepté ce traité.

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Les discussions, entamées en novembre, portaient sur un financement de 109 millions de dollars sur cinq ans pour soutenir la lutte contre le VIH, le paludisme et améliorer la santé maternelle. Mais selon des sources proches du dossier citées par Reuters et l’AFP, les clauses imposant un partage durable de données sanitaires ont suscité l’opposition des autorités ghanéennes notamment le président  John Dramani Mahama, qui y voient une atteinte à leur souveraineté numérique.

Ce rejet de l’accord sanitaire s’inscrit dans une dynamique plus large. La Zambie et le Zimbabwe ont également refusé des traités similaires, tandis qu’au Kenya, un projet comparable est suspendu par la justice. Ces décisions traduisent une méfiance croissante envers les conditions jugées intrusives des partenaires occidentaux, notamment sur la gestion des données sensibles.

Une vue de Accra, capitale du Ghana

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Du côté américain, cette stratégie s’inscrit dans une transformation profonde de l’aide extérieure, marquée par une réduction des financements directs et une exigence accrue de cofinancement local. L’objectif affiché est de pousser les pays à devenir autonomes dans la gestion de leurs systèmes de santé, mais cette approche semble aujourd’hui atteindre ses limites.

Pour le Ghana, qui a reçu plus de 200 millions de dollars d’aide américaine en 2024, ce refus de l’accord sanitaire marque un tournant. Le pays pourrait désormais diversifier ses partenariats, notamment vers d’autres acteurs internationaux. À l’échelle du continent, ce bras de fer pose une question centrale : jusqu’où accepter l’aide extérieure sans compromettre le contrôle des données nationales ?

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