Environ 1 100 Afghans, dont 400 enfants, sont concernés. Il s’agit principalement d’anciens interprètes, de membres des forces spéciales ou de familles ayant collaboré avec l’armée américaine pendant la guerre en Afghanistan. Après la prise de Kaboul par les talibans, ces individus ont été évacués vers le camp d’As-Sayliyah au Qatar, avec la promesse d’une réinstallation aux États-Unis.
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Cependant, ce scénario s’est assombri depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, qui a suspendu plusieurs programmes d’accueil de réfugiés afghans, suite à l’assassinat de deux soldats de la Garde nationale à Washington en octobre dernier, tués par un Afghan souffrant d’un syndrome de stress post-traumatique. L’administration américaine explore désormais des options de « réinstallation volontaire » dans des pays tiers, notamment en Afrique. La RDC figurerait parmi les pays envisagés, aux côtés du Rwanda ou de l’Eswatini.
Mais cette option inquiète fortement les organisations humanitaires. « Ce n’est pas un plan de réinstallation. C’est un plan de refus », dénonce un communiqué de l’ONG AfghanEvac, une coalition humanitaire de soutien à ces Afghans, cité par le New York Times. Ce scénario est perçu comme une manœuvre pour les pousser à rentrer en Afghanistan, où ils sont en danger.
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D’autant plus que ces associations voient la RDC comme un pays confronté à une crise sécuritaire majeure, notamment dans l’est, ainsi qu’à une situation humanitaire critique avec plus de 8 millions de déplacés internes, selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Par ailleurs, des précédents récents alimentent les critiques. En avril 2026, plusieurs migrants sud-américains ont été temporairement transférés à Kinshasa dans le cadre d’un accord migratoire avec Washington. Une pratique dénoncée par certains gouvernements et observateurs, qui y voient une externalisation des politiques migratoires américaines.
Sollicité par l’AFP, le département d’État a indiqué que les États-Unis étudiaient la possibilité d’une « réinstallation volontaire » de ces réfugiés Afghans au Qatar « vers un pays tiers constitue une solution». Ce pour leur assurer une nouvelle vie hors d’Afghanistan « tout en préservant la sûreté et la sécurité du peuple américain ». Mais pour les réfugiés afghans concernés, toute destination autre que les États-Unis n’est pas envisageable, rappelant les engagements pris par Joe Biden envers ceux qui ont soutenu l’effort militaire américain.