En Centrafrique, le retour du maire de Bangui a viré à la confrontation ce lundi 20 avril. Mis en disponibilité pour les législatives de décembre 2025, l’édile a été empêché de reprendre ses fonctions par une partie du personnel, sur fond de tensions avec le ministère de l’Administration du territoire de Centrafrique.
Un véritable bras de fer s’installe entre le maire de Bangui, son administration et le ministère de l’Administration du territoire. Entre légalité administrative, calculs politiques et accusations de mauvaise gouvernance, cette crise met en lumière les fragilités de la gouvernance locale en République centrafricaine.
Retour contesté du maire de Bangui
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Après trois mois de mise en disponibilité pour les élections législatives de décembre 2025, Émile Gros Nakombo devait reprendre ses fonctions le 20 avril. En son absence, un arrêté du ministère de l’Administration du territoire avait mis en place une équipe intérimaire. Mais à son arrivée, une partie des employés municipaux lui a barré l’accès à son bureau, dénonçant sa gestion.
Ces derniers évoquent des années de mauvaise gouvernance, de salaires impayés et de scandales présumés. Face à la presse le lendemain, le maire s’est insurgé contre ce qu’il considère comme une violation des règles administratives. Nommé par décret présidentiel, il affirme que seul Faustin-Archange Touadéra peut le démettre de ses fonctions.

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Il accuse également le ministère de l’Administration du territoire de bloquer son retour pour des raisons politiques. Candidat aux élections législatives de décembre 2025 pour lesquelles il s’était mis en disponibilité, le maire de Bangui avait finalement retiré sa candidature.
Le ministère de l’Administration du territoire, de son côté, n’a pas encore réagi à cette crise. Mais selon une source citée par le média RFI, les autorités semblent privilégier une transition en douceur vers une nouvelle équipe municipale, attendue après le second tour des élections municipales prévu le 26 avril. Cette stratégie officieuse place l’intérim au cœur du dispositif, au détriment d’une lecture stricte du droit.






