La Serbie condamnée par la Cour européenne pour avoir interdit une manifestation anti-chinoise

0
La Serbie condamnée par la Cour européenne pour avoir interdit une manifestation anti-chinoise

La Serbie a été condamnée par la CEDH pour avoir empêché une manifestation liée au mouvement Falungong lors de la visite du président chinois Xi Jinping à Belgrade en 2016. La Cour a estimé que cette interdiction portait atteinte à la liberté de réunion garantie par la Convention européenne des droits de l’homme.

La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a rendu un arrêt défavorable à la Serbie, jugeant que les autorités avaient injustement interdit une manifestation organisée à l’occasion de la visite du président chinois Xi Jinping en juin 2016. Cette décision relance le débat sur l’équilibre entre maintien de l’ordre public et respect des libertés fondamentales.

La Serbie condamnée par la CEDH

Mauvais traitement: l’Italie condamnée pour déshabillement de migrants

L’affaire avait été portée devant les juges de Strasbourg par l’association d’amitié serbo-chinoise FDH. Celle-ci souhaitait manifester son soutien au mouvement Falungong, un groupe spirituel d’inspiration bouddhiste interdit en Chine depuis 1999. Les autorités serbes avaient alors interdit le rassemblement, invoquant un risque potentiel de troubles à l’ordre public.

La CEDH a toutefois estimé que cet argument reposait sur des hypothèses insuffisamment étayées. Selon la Cour, les autorités n’ont pas démontré de manière convaincante que la manifestation représentait une menace réelle pour la sécurité publique. Les juges ont donc conclu à une violation de l’article 11 de la Convention européenne des droits de l’homme, qui protège la liberté de réunion et d’association.

Une vue de Belgrade, capitale de la Hongrie/ Crédit Photo : terrahun

Lire aussi : Rétention d’une malienne et son bébé : la France condamnée par la CEDH

Cette affaire intervient dans un contexte de relations particulièrement étroites entre Belgrade et Pékin. La visite de Xi Jinping en 2016 était la première d’un chef d’État chinois en Serbie depuis plus de trois décennies. Depuis, les liens entre les deux pays se sont encore renforcés, notamment à travers des partenariats économiques et diplomatiques.

Le mouvement Falungong demeure quant à lui interdit en Chine depuis 1999. Pékin le qualifie de « secte malfaisante », tandis que ses partisans dénoncent une répression politique et religieuse. La condamnation de la Serbie par la CEDH rappelle ainsi que les États signataires de la Convention européenne doivent garantir les libertés fondamentales, même dans des contextes diplomatiques sensibles.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici