Mali : vague de libérations d’otages, les terroristes du JNIM et le FLA veulent-ils redorer leur image ?

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Mali : vague de libérations d’otages, le JNIM et le FLA veulent-ils redorer leur image ?
Une rue de Bamako, la capitale du Mali.© AFP

Au Mali, une soixantaine de civils détenus par le JNIM et 82 militaires maliens prisonniers du FLA ont été libérés en quelques jours. Présentées comme des opérations à caractère humanitaire, ces libérations interviennent après des mois de violences et de combats. Elles pourraient être le résultat de négociations discrètes, mais aussi répondre à une autre logique : celle de groupes armés soucieux de reprendre le contrôle de leur image.

La chronologie interpelle. Le 13 août, l’état-major général des armées maliennes annonçait la libération de 82 militaires détenus par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) et le Front de libération de l’Azawad (FLA). Le lendemain, plusieurs dizaines de civils retenus en otage par le JNIM sur des axes routiers de l’ouest du pays étaient à leur tour relâchés, selon plusieurs médias. Des sources sécuritaires évoquent des négociations et des contreparties, tandis que des proches de détenus, des dignitaires religieux et des représentants de villages auraient participé aux démarches.

Des libérations humanitaires… mais aussi une opération d’image du JNIM ?

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Le premier élément qui interpelle est le vocabulaire employé par les groupes armés. Le porte-parole du FLA, Maouloud El Ramadane, a présenté la libération des 82 militaires comme une opération réalisée « dans un cadre strictement humanitaire ». De son côté, l’armée malienne parle de « l’aboutissement d’un processus engagé dès leur capture ». Ces formulations ne suffisent évidemment pas à établir une stratégie de communication, mais elles permettent aux groupes concernés de mettre en avant une image différente de celle associée aux combats, aux enlèvements et aux exécutions de prisonniers.

L’hypothèse d’une volonté de redorer leur image est d’autant plus intéressante que ces libérations interviennent après une période particulièrement violente. Les dernières exécutions de militaires maliens dans le Nord ont suscité de fortes réactions et des demandes d’enquêtes indépendantes. Dans ce contexte, rendre la liberté à des prisonniers, surtout en insistant publiquement sur le caractère « humanitaire » de l’opération, peut permettre au JNIM et au FLA de se présenter comme des acteurs capables de négocier et de respecter certaines règles, même s’ils poursuivent parallèlement leur confrontation avec Bamako.

Des militaires maliens

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Mais il serait excessif de parler déjà d’un changement de stratégie. Le JNIM continue d’exercer une pression dans plusieurs régions du Mali et les groupes armés restent engagés dans un conflit avec l’État. La libération de ces otages peut donc aussi être un moyen d’obtenir des concessions ou de préserver des canaux de discussion. Elle montre surtout que, derrière le discours officiel de confrontation, des contacts existent.

La question est désormais de savoir si cette séquence restera limitée à des échanges de prisonniers ou si elle constitue les premiers signes d’un dialogue plus large. Car si le JNIM et le FLA cherchent effectivement à améliorer leur image, ils devront convaincre au-delà de cette opération ponctuelle. Leur crédibilité dépendra surtout de leurs actes dans la durée. Reste aussi à savoir si les autorités maliennes vont finalement accepter de les considérer comme des interlocuteurs crédibles.

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