Plus de 70 ans après l’armistice de 1953, le président sud-coréen Lee Jae-myung veut tourner la page de la guerre de Corée. Il a proposé ce 15 août à Pyongyang, d’ouvrir des discussions en vue de conclure un traité de paix, tout en espérant faire avancer les échanges sur le programme nucléaire nord-coréen.
La guerre de Corée est-elle enfin susceptible de prendre officiellement fin ? C’est en tout cas le pari affiché par le président sud-coréen Lee Jae-myung. À l’occasion du 81e anniversaire de la libération de la péninsule de la colonisation japonaise, le chef de l’État a renouvelé son appel au dialogue avec la Corée du Nord, avec l’ambition de remplacer l’armistice signé en 1953 par un véritable traité de paix.
Une main tendue de Lee Jae-myung malgré les tensions avec la Corée du Nord
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La guerre de Corée, déclenchée en 1950 par l’offensive nord-coréenne contre le Sud, s’est achevée en 1953 par un armistice, et non par un traité de paix. Les deux Corées restent donc techniquement en guerre. Pour sortir de cette situation, Lee Jae-myung a appelé Pyongyang à abandonner toute intention hostile. « Mettons de côté nos intentions de menacer l’autre et ouvrons des discussions pour mettre fin à cette longue guerre, en tant que parties directement impliquées », a déclaré le président sud-coréen.
Il estime également qu’un dialogue pourrait permettre de discuter de mesures destinées à « stopper le développement des capacités nucléaires de la Corée du Nord ». Cette proposition s’inscrit dans la politique de rapprochement défendue par Lee Jae-myung depuis son arrivée au pouvoir. Contrairement à son prédécesseur, partisan d’une ligne beaucoup plus ferme envers Pyongyang, le président sud-coréen affirme vouloir privilégier le dialogue, y compris sur la question nucléaire.
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Séoul a d’ailleurs récemment indiqué qu’il ne faisait plus du démantèlement immédiat du programme nucléaire nord-coréen son unique priorité, privilégiant dans un premier temps l’arrêt de son développement. Mais la main tendue par Séoul risque une nouvelle fois de rester sans réponse. Pyongyang a jusqu’ici rejeté les propositions de dialogue de Lee Jae-myung et continue d’affirmer que son statut d’État nucléaire est « irréversible ».
La Corée du Nord a également vivement dénoncé les exercices militaires conjoints prévus en août entre les forces sud-coréennes et américaines, menaçant de prendre des mesures de dissuasion à un « nouveau niveau ». Les communications entre les deux pays restent par ailleurs largement gelées. Le précédent des négociations internationales invite également à la prudence. Les discussions engagées par Donald Trump avec Kim Jong-un avaient échoué lors du sommet de Hanoï en 2019, notamment en raison des désaccords sur la dénucléarisation nord-coréenne et la levée des sanctions.





