L’Union africaine a officiellement lancé ce 7 octobre à Port-Louis, à Maurice, l’Africa Credit Rating Agency (AfCRA). La nouvelle institution veut apporter une évaluation du risque de crédit davantage fondée sur les données, les réalités et le contexte des économies africaines.
Lancée sous l’impulsion de l’Union africaine, l’AfCRA devient la première agence de notation de crédit à vocation continentale créée sous mandat africain. Elle doit évaluer les États, les entités infranationales, les institutions financières et les entreprises du continent. Son objectif est notamment de réduire les asymétries d’information et d’offrir aux investisseurs une analyse supplémentaire du risque africain.
L’Afcra pour donner son indépendance à l’Afrique !
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Le projet avait été approuvé par les dirigeants africains en 2018 et sa mise en place a été accompagnée par le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP). Maurice accueille désormais le siège de l’agence, en raison notamment de son secteur financier et de sa connexion aux marchés africains et internationaux. L’AfCRA doit fonctionner comme une structure privée, autofinancée et indépendante. Les gouvernements africains ne pourront pas détenir de parts dans son capital, une disposition destinée à préserver son indépendance.
L’AfCRA arrive dans un secteur largement dominé par S&P, Moody’s et Fitch. Depuis plusieurs années, des responsables africains leur reprochent de ne pas suffisamment prendre en compte les spécificités des économies du continent et de contribuer, selon eux, à une perception excessive du risque africain. L’Union africaine estime que le service de la dette extérieure du continent est passé de 61 milliards de dollars en 2010 à 163 milliards en 2024. Elle souligne également que 23 des 55 pays africains ne disposent actuellement d’aucune notation auprès des trois grandes agences. Ces critiques sont toutefois rejetées les agences occidentales.

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L’AfCRA ne se présente pas comme un remplacement de S&P, Moody’s ou Fitch. L’Union africaine affirme vouloir apporter une opinion supplémentaire, fondée sur davantage de données et d’expertise africaines, tout en respectant les standards internationaux. Son lancement intervient parallèlement à une réflexion plus large sur la mobilisation des capitaux africains : selon la CEA, le continent dispose d’environ 4 000 milliards de dollars de capitaux domestiques, alors qu’une grande partie de cette épargne est investie à l’extérieur.
Pour l’Union africaine, l’enjeu dépasse donc la création d’une nouvelle agence. Il s’agit de renforcer l’architecture financière du continent, d’améliorer l’accès aux marchés de capitaux et, à terme, de favoriser des conditions de financement plus adaptées aux réalités africaines. L’AfCRA devra désormais transformer cette ambition en crédibilité auprès des investisseurs.





