Le président du Conseil togolais assume une diplomatie d’équilibre à plusieurs enjeux. En se rendant à Moscou cette semaine pour rencontrer le président russe Vladimir Poutine ; Faure Gnassingbé confirme sa stratégie destinée à protéger la sécurité régionale, soutenir les intérêts africains et sécuriser les intrants agricoles dans un contexte international mouvant.
Le déplacement du Président du Conseil de la République du Togo en Russie ce 18 novembre, intervient à un moment où les rivalités entre puissances s’intensifient. Loin d’un geste d’alignement, cette visite s’inscrit dans une dynamique plus large qui repose sur une diplomatie d’équilibre, fidèle à l’approche togolaise consistant à dialoguer avec tous les acteurs pour préserver les intérêts africains. Depuis plusieurs années, l’homme multiplie les missions discrètes à travers le monde, bâtissant pas à pas un réseau de confiance qui lui confère un rôle unique de médiateur continental.
Une diplomatie d’équilibre pour défendre la sécurité et les intérêts africains
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Au-delà de son mandat officiel au sein de l’Union africaine, le Président du Conseil porte la voix de plusieurs dirigeants du continent qui voient en lui un interlocuteur fiable. Sa méthode s’appuie sur une diplomatie d’équilibre, adaptée à un contexte où l’Afrique refuse les logiques de blocs et privilégie les solutions concrètes. Selon son entourage, il s’agit avant tout de rechercher des partenaires capables d’aider à résoudre les crises plutôt que de choisir un camp.
La sécurité occupe une place centrale dans les discussions menées à Moscou. Le Sahel et le Golfe de Guinée sont confrontés à une menace terroriste qui dépasse désormais les frontières nationales. Pour le Togo, la fragilité sécuritaire est devenue un enjeu systémique, nourri par les trafics, les routes migratoires et l’expansion de groupes armés vers les zones côtières. Dans cette bataille, la Russie demeure un acteur incontournable, avec lequel l’Afrique entend dialoguer sans naïveté mais avec pragmatisme.
Le volet économique n’est pas en reste. Face à l’envolée des prix mondiaux des engrais, l’Afrique de l’Ouest cherche à stabiliser ses approvisionnements. Le Togo ambitionne de développer sa propre filière, mais doit surmonter des défis techniques liés à la composition de son phosphate. L’objectif de cette visite est donc d’explorer des partenariats pour garantir des quotas préférentiels, renforcer les capacités locales et sécuriser l’avenir agricole de la région.
Cette démarche s’inscrit dans une tournée diplomatique plus large qui inclut l’Europe, les États-Unis, le Golfe et l’Asie. Elle illustre la volonté togolaise de bâtir une architecture inclusive de sécurité. À travers cette diplomatie d’équilibre, le Président du Conseil se positionne comme un artisan de consensus, déterminé à éviter que les fractures mondiales ne se répercutent sur un continent déjà vulnérable.






