
La RDC a annoncé la signature d’un accord avec les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé que Kigali accuse Kinshasa de soutenir. Alors que les autorités congolaises y voient une avancée vers la paix, le Rwanda dénonce une initiative contraire aux accords de Washington.
Le ministre congolais de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, a annoncé mardi soir la signature d’un protocole avec les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Cet accord, qui prévoit notamment le désarmement, la démobilisation, le cantonnement et la dissolution du groupe rebelle, devait apaiser l’un des principaux différends entre Kinshasa et Kigali. Mais contre toute attente, le Rwanda l’a rejeté, estimant qu’il ne respecte pas les accords de paix conclus entre les deux pays.
Désarmement des FDLR : Kigali dénonce une « manœuvre dilatoire »
« Allez en enfer » : Paul Kagame défie les menaces de sanctions internationales contre le Rwanda
Selon le ministre congolais de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, les FDLR se sont engagées à déposer les armes, à être cantonnées puis à retourner au Rwanda ou à être accueillies dans un pays tiers. Le protocole prévoit également que les combattants recherchés par la justice répondent de leurs actes. Kinshasa considère cette initiative comme une mise en œuvre des accords de Washington, qui prévoient notamment la neutralisation des FDLR.
Mais cette lecture est totalement rejetée par Kigali. Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, affirme que les FDLR « ne sont pas une partie aux accords de Washington, mais leur objet ». Selon lui, ce protocole « n’est en rien conforme » aux engagements conclus entre les deux États. Il accuse même la RDC d’avoir « intensifié son soutien militaire aux FDLR » depuis la signature de ces accords et qualifie le protocole de « grossière manipulation » destinée à retarder l’application des obligations sécuritaires de Kinshasa.

Lire aussi : RDC : l’accord de paix de Washington déjà défié par la reprise des combats
Cette réaction surprend à plusieurs égards. Depuis des années, le Rwanda justifie ses interventions militaires dans l’est de la RDC par la présence des FDLR, un mouvement créé par d’anciens responsables du génocide de 1994 et considéré par Kigali comme une menace directe pour sa sécurité. L’annonce du désarmement des FDLR semblait donc répondre à l’une des principales exigences du Rwanda. Au lieu de saluer cette évolution, Kigali la rejette, estimant que seule une neutralisation conforme au calendrier et aux modalités prévues par les accords de Washington peut être considérée comme crédible.
Les prochaines semaines seront déterminantes. Kinshasa doit encore présenter un plan opérationnel détaillant le calendrier, les lieux de cantonnement et les modalités d’application du désarmement des FDLR. En attendant, ce désaccord met en lumière la profonde méfiance qui continue de marquer les relations entre la RDC et le Rwanda, malgré les efforts diplomatiques engagés ces derniers mois.




