Face aux ambitions affichées de Washington, notamment sur le Groenland, le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, a appelé mercredi à la vigilance. Les intentions de Donald Trump « doivent désormais être prises très au sérieux », a-t-il déclaré devant l’Assemblée nationale, réaffirmant la pleine solidarité de la France avec le Groenland, selon l’AFP.
Alors qu’une rencontre cruciale sur l’avenir du territoire autonome danois se tient ce mercredi, le président américain a réaffirmé sa détermination à annexer le Groenland. Ses déclarations répétées sur une prise de contrôle de ce territoire ont provoqué une onde de choc diplomatique en Europe, alors que le Danemark rejette toute cession aux États-Unis.
Groenland : une souveraineté européenne sous pression
« Ce qu’il dit importe peu »: Donald Trump se moque des propos d’Emmanuel Macron
Devant les députés ce mercredi, le premier ministre français a appelé ses compatriotes à prendre au sérieux les propos de Donald Trump. « Il est clair que les intentions de l’administration Trump sont sérieuses et qu’elles doivent désormais être prises très au sérieux et que nous ne devons absolument pas sous-estimer la parole du président américain », a déclaré Sébastien Lecornu cité par l’AFP.
Il a rappelé la « pleine solidarité (de la France) avec le Danemark et les autorités légitimes du Groenland ». Pour Sébastien Lecornu, la défense de la souveraineté d’un partenaire européen conditionne directement la protection de la souveraineté française. Il a insisté sur la nécessité de financer l’« autonomie stratégique » de la France, alors que l’Arctique devient un théâtre central des rivalités de puissance. Emmanuel Macron a, lui aussi, exprimé sa fermeté en conseil des ministres.
Lire sur : La décision est « entre les mains de Poutine » : l’Europe, suspendue aux lèvres du président russe

Selon l’exécutif, toute atteinte à la souveraineté du Groenland entraînerait des « conséquences en cascade inédites » pour l’Europe et l’Alliance atlantique. La France assure suivre la situation « avec la plus grande attention » et inscrire son action dans une solidarité totale avec le Danemark. Nonobstant ces déclarations, Donald Trump a réaffirmé que les États-Unis « ont besoin du Groenland pour des raisons de sécurité nationale », évoquant son projet de bouclier antimissile et appelant l’OTAN à soutenir cette ambition. Des propos qui fragilisent l’équilibre interne de l’Alliance et suscitent l’inquiétude des alliés européens.
À Copenhague, la première ministre danoise, Mette Frederiksen, a prévenu qu’une attaque américaine sur le Groenland serait « la fin de tout », notamment pour l’OTAN. Le Danemark a annoncé un renforcement de sa présence militaire dans l’Arctique et une coordination accrue avec les alliés, alors que se tient aujourd’hui à la Maison Blanche un entretien entre dirigeants danois, groenlandais et américains autour de l’avenir du territoire autonome danois.






