Les autorités éthiopiennes ont indiqué avoir intercepté une importante cargaison de munitions destinée aux Fano. Addis-Abeba a directement accusé ce jeudi, l’Érythrée d’armer cette milice amhara opposée au gouvernement d’Addis Abeba; une accusation fermement rejetée par Asmara dans un contexte régional déjà extrêmement tendu.
Les relations entre l’Éthiopie et l’Érythrée se détériorent à nouveau. Après la saisie de « plus de 56.000 » munitions en région Amhara, le gouvernement éthiopien accuse son voisin érythréen de soutenir activement les Fano, des miliciens amhara en rébellion contre le pouvoir fédéral. Asmara dénonce de son côté des accusations mensongères et évoque des « prétextes » à une guerre.
Les Fano au cœur des nouvelles tensions entre Addis-Abeba et Asmara
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La police éthiopienne a annoncé avoir intercepté, le 14 janvier, un camion transportant « plus de 56.000 » balles destinées à « équiper les Fano », des miliciens amhara qui ont pris les armes en 2023 contre le gouvernement fédéral. Selon les autorités, cette cargaison aurait été envoyée par l’Érythrée et aurait transité par la région du Tigré avec l’aide du TPLF, ancien parti au pouvoir en Éthiopie.
Les Fano s’opposent depuis deux ans aux tentatives de démantèlement menées par Addis-Abeba, dans un climat de forte instabilité sécuritaire en Amhara. Pour le gouvernement éthiopien, le soutien présumé de l’Érythrée à ces miliciens constitue une tentative de déstabilisation directe du pays. Asmara rejette catégoriquement ces accusations.
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Le ministre érythréen de l’Information a dénoncé auprès de l’AFP de « faux prétextes » visant à justifier une guerre que l’Éthiopie chercherait à déclencher. Une position également soutenue par le TPLF, dont un dirigeant a qualifié les allégations visant les Fano d’« infondées ». Cette nouvelle crise s’inscrit dans une longue histoire de rivalités entre les deux voisins.
Après une guerre frontalière à l’orée des années 2000 et une période de rapprochement en 2018, couronnée par le prix Nobel de la paix attribué au Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed l’année suivante; les relations se sont de nouveau dégradées. Les ambitions maritimes de l’Éthiopie ont ravivé les tensions et ce nouvel épisode ne fait qu’augmenter le risque d’un nouveau conflit entre ces deux nations de la Corne de l’Afrique.






