Crise en Guinée-Bissau : aucun résultat des élections ne sera publié

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Crise en Guinée-Bissau : les résultats des élections ne sera publié

Les résultats des élections ne seront pas publiées après le coup d’État en Guinée-Bissau. La Commission nationale des élections (CNE) l’a annoncé ce 2 décembre 2025, évoquant la destruction et la confiscation des procès-verbaux et du matériel électoral par l’armée.

Une semaine après le coup de force militaire, la Commission nationale des élections (CNE) a finalement pris la parole pour expliquer pourquoi les résultats des élections présidentielle et législatives du 23 novembre, ne verront pas le jour. Sans documents, sans matériel et sous la pression de la junte, l’institution dit être dans l’incapacité totale de poursuivre sa mission. Cette déclaration marque un point de rupture dans une crise dont l’issue reste imprévisible.

Un processus paralysé par la confiscation des résultats des élections

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La CNE affirme que la publication des résultats des élections est impossible. Les procès-verbaux provenant des régions ont été saisis par les militaires lors du coup d’État, tout comme les ordinateurs, téléphones et archives de l’institution basés à Bissau. En l’absence de ces éléments, « les conditions logistiques et matérielles » ne sont pas réunies pour « conclure le processus électoral et proclamer les résultats » a annoncé à la presse le secrétaire exécutif adjoint de la commission nationale des élections (CNE), Idriça Djalo. Le président de la CNE, Mpabi Cabi, récemment libéré après cinq jours de détention, est apparu silencieux à cette brève conférence de presse où aucune question n’a été autorisée, a rapporté RFI.

Idriça Djalo a décrit la scène dans les locaux de la commission le jour du coup d’État :« un groupe d’hommes armés en cagoule, a fait irruption dans la salle de compilation. Le groupe a menacé les 45 (membres de la CNE) présents et arrêté le président de la commission et les cinq juges de la Cour suprême présents dans la salle », a-t-il dit. Ils ont « arraché les téléphones » des 45 personnes présentes dans la salle « et détruit tous les procès-verbaux. Le serveur principal a été détruit. Les procès-verbaux de Oio et Cacheu, en cours de transfert ont été interceptés et confisqués par d’autres hommes » armés, a précisé le secrétaire de la CNE.

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La délégation de la CEDEAO, venue exiger un retour à l’ordre constitutionnel et la publication des résultats des élections, n’a obtenu aucune avancée. Plusieurs personnalités restent détenues, dont l’opposant Domingo Simoes Pereira et des membres de son parti. L’inquiétude grandit au sein des organisations de défense des droits humains, qui dénoncent des détentions arbitraires et un climat d’intimidation. L’opposant Fernando Dias, qui affirme avoir remporté la présidentielle, a quant à lui obtenu l’asile politique au Nigeria.

Ce départ illustre la fragilité de la classe politique face à une armée qui contrôle désormais toutes les étapes du processus et empêche l’annonce de tout résultat électoral. La CEDEAO doit se réunir le 14 décembre pour décider de la réponse régionale à cette crise. En attendant, la Guinée-Bissau demeure plongée dans une incertitude totale, privée non seulement de ses institutions mais aussi des résultats des élections qui auraient pu servir de base à une sortie de crise.

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