Dhoihir Dhoulkamal a été condamné par la justice française pour avoir perçu indûment plusieurs centaines de milliers d’euros de prestations sociales alors qu’il exerçait des fonctions politiques aux Comores. L’ancien ministre des Affaires étrangères comorien fait désormais l’objet d’un mandat d’arrêt.
L’ancien chef de la diplomatie comorienne, Dhoihir Dhoulkamal, a été condamné le 29 mai 2026 par le tribunal judiciaire de Saint-Denis de La Réunion à deux ans de prison ferme pour escroquerie aux prestations sociales. Son épouse, Jeanine Chakir, a quant à elle écopé d’un an de prison ferme et d’une interdiction de territoire français de cinq ans. Les deux prévenus étaient absents lors du procès.
Une fraude sociale de plusieurs centaines de milliers d’euros attribuée à Dhoihir Dhoulkamal
Selon les éléments retenus par la justice, Dhoihir Dhoulkamal aurait perçu entre 2010 et 2020 plus de 339 000 euros d’aides versées par la Caisse d’allocations familiales (CAF) et la Caisse générale de sécurité sociale (CGSS) de La Réunion. Officiellement déclaré sans emploi et sans ressources en France, il exerçait pourtant simultanément les fonctions de député puis de ministre aux Comores, où il percevait des indemnités.
Les enquêteurs ont établi que le foyer bénéficiait du RSA, d’allocations familiales, d’aides au logement, de primes de rentrée scolaire ainsi que de remboursements de soins médicaux. Les revenus issus des activités politiques exercées aux Comores n’auraient jamais été déclarés aux organismes sociaux français.

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L’enquête, révélée en 2020 par la presse réunionnaise, avait été freinée pendant plusieurs années en raison de l’immunité diplomatique dont bénéficiait l’ancien ministre. La procédure a pu reprendre après son départ du gouvernement comorien en 2024.
À l’issue du jugement, un mandat d’arrêt a été délivré contre Dhoihir Dhoulkamal. Les autorités françaises n’ont pas encore réussi à localiser l’ancien ministre ni son épouse. L’exécution de leurs peines dépend désormais de leur arrestation dans le cadre d’une éventuelle coopération judiciaire internationale.





