France : un vote pour rendre à la Côte d’Ivoire, son tambour parleur volé

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France : un vote pour rendre à la Côte d'Ivoire, son tambour parleur volé

Plus d’un siècle après sa saisie par la France, le tambour parleur Djidji Ayôkwé devrait bientôt être restitué à la Côte d’Ivoire. L’Assemblée nationale se prononce ce lundi sur ce geste symbolique attendu depuis des décennies.

Après la demande officielle faite par Abidjan en 2019, ce tambour sacré va être retourné à son pays d’origine. Le président français Emmanuel Macron en avait pris l’engagement en 2021. Cet objet sacré servait à transmettre des messages rituels et à alerter les villageois, par exemple lors des opérations de recrutement forcé ou d’enrôlement militaire.

Vers la restitution du tambour parleur

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Ce lundi, les députés français examinent la proposition de loi permettant la restitution du tambour Djidji Ayôkwé à la Côte d’Ivoire. Mesurant trois mètres et pesant près d’une demi-tonne, cet instrument rituel de l’ethnie ébrié, saisi en 1916 et transféré en France en 1929, avait longtemps trôné au musée du Trocadéro puis au musée du quai Branly.

Restauré en 2022, le tambour parleur attend aujourd’hui son retour dans une caisse. Pour la Côte d’Ivoire, la restitution du tambour parleur représente bien plus qu’un simple transfert d’objet ; c’est une réparation morale et culturelle. Réclamé depuis l’indépendance par les communautés locales, ce tambour est le premier d’une liste de 148 œuvres que le pays souhaite voir revenir.

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Côté français, le député Bertrand Sorre y voit « un acte de reconnaissance » face à l’histoire coloniale et « le témoin d’une prise de conscience ». Mais cet nouveau vote prouve la lenteur du processus français de restitution, même si ce pays se veut pionnière dans ce domaine. Depuis 2020, seulement 27 œuvres ont été rendues aux pays africains. En comparaison, l’Allemagne a déjà engagé un vaste travail d’inventaire et multiplié les restitutions.

L’absence d’une loi-cadre pour faciliter ces démarches, pourtant promise par Emmanuel Macron, continue de freiner ces initiatives. Annoncé puis reporté, le projet de loi général sur la restitution des biens culturels pillés pendant la colonisation peine à aboutir. La ministre de la Culture, Rachida Dati, a toutefois affirmé vouloir le présenter en Conseil des ministres d’ici fin juillet pour un débat parlementaire avant la fin de l’année.

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