Des travaux d’utilité publique comme palliatif à la surpopulation carcérale; le Burkina Faso engage une réforme ambitieuse de sa politique carcérale. 500 détenus seront mobilisés dès août 2025 pour appuyer les travaux à haute intensité de main-d’œuvre dans 22 communes.
L »initiative est portée par le Secrétariat technique des Travaux à haute intensité de main-d’œuvre (ST-THIMO). Elle a été annoncée ce jeudi 31 juillet par le secrétaire technique, le capitaine Ollo Palenfo, en conférence de presse. A terme, cette initiative va permettre de réduire la population carcérale, mais aussi d’atténuer les charges de l’État.
Des détenus au service de l’utilité publique
Présenté par le capitaine Ollo Palenfo, également secrétaire général du ministère des Infrastructures, le projet prévoit des actions concrètes : curage de 150 km de caniveaux, évacuation de 1 500 m³ d’ordures, débroussaillage de 300 hectares et plantation de 10 000 arbres. L’initiative des travaux d’utilité publique « représente une réponse audacieuse à des enjeux majeurs de notre pays » a indiqué le capitaine, au moment où l’Etat cherche à rationaliser les dépenses publiques.
Le directeur général de l’administration pénitentiaire, Sabila Sawadogo, a salué une initiative qui redonne un sens à la peine. En plus de leur utilité sociale, les travaux d’utilité publique permettent aux détenus de bénéficier d’un aménagement de peine favorable. Un mois de travail équivaut à trois mois de détention, réduisant ainsi la pression sur les établissements pénitentiaires.
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« Les charges dont l’alimentation, le couchage, la santé, l’hygiène, le déplacement dans les centres de santé, etc. des détenus, seront réduites. Nous éviterons les mutineries, les tentatives d’évasion, de suicide, les disputes entre détenus, etc », s’est-il félicité. Le projet mise sur une sélection rigoureuse des participants, issus de catégories à faible risque, pour garantir la sécurité, minimisant aussi les risques d’évasion.
Fort de précédents réussis, notamment lors du nettoyage du théâtre populaire de Ouagadougou, le ST-THIMO entend faire de ces travaux d’utilité publique un levier durable de réinsertion et de citoyenneté. Avec cette approche innovante, le Burkina Faso affirme son engagement à humaniser la justice et à faire du travail un véritable passeport vers la réhabilitation sociale.






